"Dans la vie, il n'y a pas de solutions ; il y a des forces en marche : il faut les créer et les solutions suivent."

 

Antoine de Saint-Exupéry.

 

  

"Pour ce qui est de l'avenir, il ne s'agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible."

 

Antoine de Saint-Exupéry.

 

 

Intervention lors de l'Assemblée plénière du 18/12/2014

Monsieur le Président,


Mes chers collègues,


Cette session budgétaire nous fait entrer de plain-pied dans une période inédite pour la Région Basse-Normandie, comme pour les autres Régions et la plupart des collectivités. C’est notre dernière session budgétaire du Conseil régional de Basse- Normandie, avant la réforme territoriale.


Nous avons devant nous une année pour préparer l’avenir de la Normandie enfin réunie.


Cette réunification de la Basse-Normandie et de la Haute Normandie ne sera pas une simple addition de territoires, et encore moins une absorption d’une région par l’autre. Une grande région normande sera plus forte que les deux régions actuelles.


Nous allons élaborer un projet stratégique commun qui sera économique, social, territorial, culturel et administratif. Il offrira une nouvelle vision et ouvrira de nouvelles perspectives.


Situés entre la Manche, la mer la plus fréquentée du monde, et l’Ile de France, nous allons changer d’échelle géographique, autour de l’axe Seine et atteindre une masse critique.


Des orientations politiques vont se dégager, des pôles d’excellence vont émerger, les liens économiques se renforceront, des synergies se créeront pour notre développement et rendre visible la Normandie.


Les groupes des Conseillers régionaux Radicaux de Gauche de Basse et Haute Normandie ont commencé à travailler autour de trois grands axes :


- Economie, innovation, recherche

- Citoyenneté, démocratie participative et laïcité

- Cohésion et complémentarité territoriale.


La réunification est une chance extraordinaire pour tous les Normands.


La Normandie de demain, les Radicaux de Gauche la veulent ambitieuse et conquérante !


Je reviens au budget, qui est le plat principal de notre menu aujourd’hui.

L'Etat s'est fixé pour objectifs de ramener le déficit structurel des administrations publiques à 3% du PIB en 2017 et d'amorcer une diminution du poids de la dette à partir de 2016. Pour y parvenir le gouvernement a décidé d'un plan d'économies de 50 milliards € en année pleine à horizon 2017 par rapport à 2014, dont 11 milliards € à la charge des collectivités.

Cette baisse des recettes de fonctionnement va intervenir alors même que les besoins de nos concitoyens et de nos territoires les plus fragiles vont croissant dans un contexte socio-économique fortement dégradé. Le contexte dans lequel cette baisse de nos recettes s'inscrit est également marqué par de fortes incertitudes quant à l'évolution de l'organisation territoriale en France et aux moyens qui l'accompagneront.


Dans ce contexte-là, les marges de manœuvre de la Région sont contraintes et même très limitées par une autonomie fiscale réduite à une peau de chagrin, une autonomie fiscale qui n'a cessé de régresser depuis 15 ans.


La Région devra pourtant maintenir le cap sur deux objectifs qu'on ne peut dissocier :


· répondre à l'urgence économique et sociale, face aux drames humains qui frappent nombre de salariés et d'entrepreneurs, y répondre en mobilisant notamment nos moyens dédiés à la formation tout au long de la vie et à la reconversion professionnelle,

· dans le même temps, il nous faudra apporter des réponses structurelles à la perte de compétitivité de certains secteurs de l'économie régionale.

Notre collectivité devra aussi, bien sûr, continuer à fournir aux Bas-Normands, sur les compétences qui sont les siennes, la qualité de service qu'ils sont en droit d'attendre de notre part.


Quant à la réforme territoriale, nous enregistrons qu'elle ouvre la porte à de nouveaux transferts de compétences aux Régions et au renforcement de compétences existantes. Mais, en l'état actuel des choses, soyons la lucides, le législateur ne nous apporte pas la garantie que ces compétences nouvelles ou renforcées s'accompagneront des moyens financiers et réglementaires nécessaires pour les assumer correctement. Cette incertitude crée un élément d'instabilité supplémentaire.


Autant dire que construire le budget 2015 est un exercice de prospective plus que jamais difficile. Il n'a jamais été aussi complexe et aussi nécessaire.

Pour autant la majorité régionale a tenu à afficher un budget à la hauteur de son mandat, au service des Bas-Normands.


Notre mission est de garantir à chacun de trouver sa place dans la société et ainsi garantir le bien vivre ensemble.


Pour notre groupe, il est primordial de poursuivre le travail entrepris depuis 2010 et de réaffirmer nos positions et nos priorités.


Il y a bien des manières d’appréhender la réponse que peut proposer une collectivité régionale à la crise multiple qui traverse notre territoire.


Le relèvement économique, nous le voulons au service d’une société plus équitable et durable, susceptible d’offrir à tous les Bas-Normands, sur tout le territoire, les conditions de leur émancipation individuelle et de leur insertion sociale.


Ce n’est qu’éclairés et autonomes, que nous envisageons des citoyens à même de participer à la construction sociale. Comme chaque année, notre vigilance sur l’évolution des crédits accordés aux secteurs de la formation professionnelle, des politiques éducatives, de lutte contre les inégalités territoriales, mais aussi de la citoyenneté, sera donc forte.


Encore faut-il que nous puissions bénéficier des moyens de nos ambitions.


De ce point de vue, le maintien des grands équilibres budgétaires régionaux, malgré des recettes toujours plus fragiles et incertaines, témoigne du volontarisme de notre majorité.


Plutôt que de chercher à tout prix à comparer les forces et les faiblesses de deux entités géographiques aussi différentes et néanmoins complémentaires que sont la BN et la HN, il est plus intéressant de se pencher sur les atouts et la cohérence de cette grande région en construction, qui englobera 5 départements, 3 grandes villes, un tissu rural et 16 villes moyennes.


La question du poids économique est une préoccupation majeure à l’heure où tous les efforts des acteurs publics sont tournés vers le redressement du pays et la création d’emplois.


Dans tous les domaines, des synergies seront à mettre en place au-delà de celles qui existent.


Les Radicaux de Gauche seront très attentifs à tout ce qui concerne les secteurs de l’économie sociale et solidaire. Le budget doit accompagner et aider au financement de projets innovants, sociaux et solidaires. Les Radicaux ont été les premiers à porter cette nouvelle économie.


La situation économique que nous connaissons est telle que l'accompagnement et l'aide au financement de projets innovants mais surtout sociaux et solidaires est plus que jamais primordiale. Nous vivons dans une région aux idées innovantes. Mais avoir des idées et des projets ne suffit pas toujours à aller au bout de sa démarche. L'aide au démarrage mais surtout le soutien tout au long de la mise en place du projet est primordial.


Les radicaux de Gauche regarderont de près le développement des économies bleue et verte, les efforts en direction de la recherche, de l’innovation, l’accompagnement et le développement (dont commerce international), sans oublier la formation initiale ou tout au long de la vie et l’enseignement supérieur.

Nous serons vigilants sur les sujets liés à la citoyenneté, la démocratie participative et la laïcité.


Nous tenons aussi, à ce qu’au travers de nos politiques régionales, soit mis en valeur le vivre ensemble et la cohésion entre les individus.


Et nous veillerons bien sur à la cohésion et la complémentarité entre les territoires.


Pour nous, le maintien des services publics, des services de proximité (école, commerce) en zone rural est indispensable.

De même que nous attentifs au rôle des transports, au sens large, dans l’équilibre territorial.

Priorisé sur les investissements structurants relevant de ses compétences prioritaires (Transports, Développement économique et Aménagement), ce budget se veut au service de l'emploi, en faveur d'un modèle de développement innovant, favorable à la conversion écologique et sociale de la Normandie. Il prolonge dans le même temps l'action résolue de la Région pour lutter contre les inégalités sociales et territoriales.


Les élus du groupe PRG soutiennent ce budget, priorisé sur l'emploi et le développement économique, conformément aux orientations budgétaires. C'est tout particulièrement autour d'une vision prospective associant compétitivité normande et transition écologique et sociale de l'économie régionale qu'a été structuré ce budget 2015. Ce sont des signes positifs envoyés à l'ensemble des entreprises et acteurs économiques, positionnés comme acteurs pivots de la politique de la Région.


Alors que le contexte financier est de plus en plus difficile, la Région n’a eu de cesse de poursuivre son action, de garder son cap et d’utiliser tous les outils régionaux.


Mais ce qui doit structurer notre nouveau modèle de développement, ce n’est pas uniquement sa finalité environnementale et sociale. C’est aussi sa capacité à mettre en responsabilité et associer l’ensemble des acteurs.


Chaque entreprise, chaque collectivité, chaque citoyen doit pouvoir se sentir concerné et en capacité d’agir sur ce mouvement autant que d’en bénéficier.

C’est un enjeu de participation citoyenne, mais c’est surtout un enjeu d’équité sociale.


En trouvant le juste équilibre entre protection et impulsion, entre ambition et responsabilité, la Région illustre ce qu’il faut faire à gauche.


Parce que tout cela sert notre Région et ses concitoyens, pour aujourd’hui et plus encore pour la Normandie de demain.



Muriel JOZEAU-MARIGNE