"Dans la vie, il n'y a pas de solutions ; il y a des forces en marche : il faut les créer et les solutions suivent."

 

Antoine de Saint-Exupéry.

 

  

"Pour ce qui est de l'avenir, il ne s'agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible."

 

Antoine de Saint-Exupéry.

 

 

Intervention lors de l'Assemblée plénière du 29/11/2012

Monsieur le Ministre,

Cher Bernard,

Lorsque l’on parle d’Europe, les radicaux de gauche ne sont jamais loin.

Les radicaux ont toujours agi en première ligne pour bâtir l’Europe, espace de Paix et de Solidarité. Et c’est d’ailleurs un des nôtres, Maurice Faure, qui a signé le Traité de Rome, créant la Communauté européenne.

Le Prix Nobel de la Paix pour 2012 a été décerné à l’Union européenne pour avoir « fait passer l’Europe d’un continent en guerre à un continent en paix. La paix est un bien précieux que nous avons eu grâce à l’Union européenne. Ce bilan, c’est celui d’une Paix qui dure depuis soixante ans. Que se serait-il passé, après la chute du Mur, s’il n’y avait pas eu l’Europe ?

Nous avons la conviction forte que l’Europe n’est pas un problème, mais la solution.

Face à cette guerre économique dont les premières victimes sont les peuples, seule une véritable Europe politique fondée sur des valeurs progressistes et humanistes apportera des solutions durables. Cette idée n’est plus une utopie mais une option nécessaire. C’est bien l’Europe qui nous permettra de replacer l’économie au service de l’homme et non l’inverse.

Les Radicaux de Gauche soutiennent depuis longtemps la création d’une autre Europe avec un gouvernement européen issu d’instances dont les membres sont désignés par les peuples. Créer une Fédération européenne de pays avec à sa tête un exécutif autonome qui tire sa légitimité du peuple nous permettra de sortir durablement de la crise économique que nous connaissons aujourd’hui.

Je voudrais ajouter que l’Europe a deux faiblesses :

La première, c’est que l’Europe souffre cruellement de ne pas avoir de véritable politique extérieure commune. Cela donne l’image d’une Europe qui subit la mondialisation. L’Union Européenne est trop absente sur la scène internationale (notamment dans le processus de paix au Moyen-Orient).

La seconde est liée à l’image que l’Europe a laissé donner d’elle. Les peuples n’ont pas été suffisamment associés à ce magnifique projet et du coup, peu d’enthousiasme s’est manifesté. Si elle est mal-aimée, c’est qu’elle a été le bouc émissaire de tout ce qui n’allait pas, de la crise actuelle, par exemple. Il faut donner à l’Europe la dimension nécessaire pour la faire avancer.

Avant de vous poser mes questions, je voudrais juste, citer Jean Monnet : « J’ai toujours pensé que l’Europe se ferait dans les crises, et qu’elle serait la somme des solutions apportées à ces crises ».

En ces périodes troublées, cela laisse ouverte la porte de l’espoir.

 

1 - C’est peut-être passé inaperçu, mais 11 pays européens, inspirés par Paris et Berlin, ont donné naissance au premier impôt européen : la taxe sur les transactions financières. Est-ce un progrès ? Qu’en pensez-vous ?

2 - La politique de cohésion est, à mon sens, un des piliers de la construction européenne. J’ai pourtant des inquiétudes sur trois sujets :

            - tout d’abord, le Programme Européen d’Aide aux plus démunis

Les associations humanitaires sont très inquiètes car la Commission européenne propose une réduction de près d’un milliard d’euros de l’enveloppe consacrée à un besoin pourtant vital : l’accès à une alimentation suffisante, de qualité, et équilibré pour plus de 18 millions d’européens en grande précarité.

Aussi, monsieur le ministre, pouvez-vous nous indiquer ce qu’il en est de l’état de la discussion avec nos partenaires, et quelle position la France défendra-t-elle lors des prochaines négociations européennes ?

 

- ensuite, Le programme d’échanges ERASMUS constitue l’une des politiques européennes les plus populaires. Depuis sa mise en place en 1987, 3 millions d’étudiants européens ont pu en bénéficier.

Pouvez-vous nous parler de l’avenir de ce programme ? Quelle est votre position sur ce sujet ?

(380.000 étudiants français en ont bénéficié, en hausse constante sur les dix dernières années puisqu’ils étaient 18.149 en 2001-2002 et 31.747 en 2010-2011. A noter que ceci ne représente en moyenne qu’un peu plus d’1% de la population étudiante de notre pays.)   

-         et pour finir, je souhaitais simplement connaitre votre vision de la coopération décentralisée dans ce contexte très mouvant ?

Merci d’avance pour vos réponses, Monsieur le Ministre.