"Dans la vie, il n'y a pas de solutions ; il y a des forces en marche : il faut les créer et les solutions suivent."

 

Antoine de Saint-Exupéry.

 

  

"Pour ce qui est de l'avenir, il ne s'agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible."

 

Antoine de Saint-Exupéry.

 

 

Intervention lors de l'Assemblée plénière du 27/06/2013

Monsieur le Président,

 

Chers collègues,

 

Début juin, un jeune homme était tué pour ses idées.

 

La violence surgit régulièrement au cœur même de notre société. Elle découle en partie de la perte des valeurs de tolérance et de fraternité, des remises en question permanentes du vivre ensemble, et aussi de la manipulation d’extrémistes qui tentent, à l’aide de scissions artificielles au sein de la société, de propager leurs idées de haine et de rejet.

 

Il nous faut refuser la banalisation de la violence. La disparition de Clément Méric doit servir de leçon. Il faut nous mobiliser pour que de tels actes ne soit plus possibles. A nous de mieux entendre, de mieux accepter les différences qui sont la richesse de notre pays, qui fondent notre société.

 

La démocratie, les droits de l’Homme sont des valeurs universelles qui doivent être vigoureusement défendues, qui doivent être inlassablement défendues.

 

Or, force est de reconnaître que notre système politique est en crise et que le désintérêt pour la chose publique grandit. La législative partielle de dimanche dernier à Villeneuve sur Lot a réveillé évidemment le spectre du 21 avril 2002. Le front républicain, pas très en forme, a heureusement gagné, mais de si peu.

Aussi, il nous faut retisser la démocratie, reconnecter les institutions avec les citoyens, susciter l’implication citoyenne.

 

Le faible taux de participations aux élections, y compris locales, est le symptôme de cette coupure entre les citoyens et les institutions. Les médias et les réseaux sociaux qui pourraient permettre aux responsables politiques et aux militants d'être en prise directe avec le public peinent à s'imposer comme le lieu d'un vaste débat démocratique.

 

L'évolution des relations des citoyens avec les représentants qu’ils élisent doit nous conduire à développer des mécanismes de participation citoyenne.

 

La démocratie a besoin de réfléchir en permanence sur elle-même. La démocratie a besoin d’adhésion, a besoin de se construire collectivement, de s’enrichir par la réflexion et par de nouvelles pratiques de participation.

 

A l’ère du numérique, nous pouvons imaginer de nouveaux outils d’implication, de dialogue, de démocratie participative. Il nous faut mettre en place des mesures concrètes, comme le droit d’interpellation. Celui-ci permet aux citoyens de faire remonter des réflexions, des idées et d’interpeller les élus. Il donne la possibilité à chacun de s’exprimer, d’être entendu et d’assumer pleinement ses responsabilités. Il n’est pas compliqué à mettre en place. L’interpellation peut être manuscrite ou adressée de façon électronique sur le site de la Région. Et en matière de TIC, la Région Basse-Normandie est plutôt une référence. Donc, rien de plus facile.

 

Il s’agit là d’une mesure simple, concrète, efficace. C’est un outil de débat qui, je crois, préfigure ce que sera la pratique politique dans les années qui viennent. Sans renier d’aucune façon les prérogatives des élus dans une démocratie représentative, il faut que nous fassions encore mieux entendre, au sein de notre assemblée, les voix y compris les plus éloignées ou les voix oubliées et les débats de ceux qui vivent et font vivre la Basse-Normandie.

 

Oui, c’est vrai, nous encourageons déjà l’expression des citoyens, par l’intermédiaire des débats publics, sur l’éolien, la transition énergétique, la LNPN, de pétitions sur le classement des plages du débarquement. La démocratie participative est intimement liée aux principes de développement durable, à l’Agenda 21. Nous devons poursuivre.

 

Alors pourquoi ne pas nous munir d’une « Plate-forme régionale du débat public », un outil innovant et qui modernise l’action régionale, et qui renforce la cohésion sociale. Encourageons l’appropriation de nos politiques publiques par les citoyens.


Une autre initiative pourrait être la création d’un Conseil régional des Jeunes. Après la mise en place de la carte @too ces dernières années, ce serait une nouvelle manière de redynamiser notre politique envers la Jeunesse de notre Région. D’autres conseils régionaux l’ont fait et cela fonctionne très bien. Nous pourrions ainsi permettre aux jeunes d'être des citoyens actifs, en les incitant, en particulier, à formuler des propositions, en les mettant en situation d'être acteurs, en les encourageant à réfléchir aux solutions à mettre en œuvre.

 

Ces jeunes gens, d’aujourd’hui, à travers ce Conseil régional des Jeunes, par leurs regards et leurs réflexions enrichiraient notre débat public, permettraient de détecter, de mettre au jour, les grandes tendances qui marqueront à coup sûr la culture et l'identité régionales de demain.

 

Notre Région doit encourager des projets de démocratie participative de tout type : rencontres-débats, diagnostics partagés, outils vidéo, lieux ressources, médias participatifs, formation,… ou tout dispositif ou processus visant à favoriser la participation de tous au niveau local comme régional.

 

Il nous faut redonner du souffle à notre démocratie. Lionel Jospin, avec la loi relative à la démocratie locale, avait en 2001, créé les Conseils de quartier, nouvel outil de concertation et de démocratie locale. Il ne viendrait à l’idée de personne aujourd’hui de les remettre en cause.

 

La République est une construction perpétuelle dans ses formes d’actions. Cette ambition de rénover le dialogue entre les institutions, les élus, les citoyens, la vie associative, est au cœur du pacte républicain. Favoriser la parole, susciter l’engagement, défendre le vivre ensemble, combattre les divisions, faire disparaitre la défiance.

 

Montrons aux Bas-normands qu’une citoyenneté active est possible.

 

Muriel Jozeau-Marigné.