"Dans la vie, il n'y a pas de solutions ; il y a des forces en marche : il faut les créer et les solutions suivent."

 

Antoine de Saint-Exupéry.

 

  

"Pour ce qui est de l'avenir, il ne s'agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible."

 

Antoine de Saint-Exupéry.

 

 

Intervention lors de l'Assemblée plénière du 26/09/2013

Monsieur le Président, chers collègues,

 

Le discours du Chef de l’Etat pour l’ouverture de la conférence environnementale a montré, une fois encore, qu’il est animé d’une volonté farouche de réformer notre pays.

 

Les Radicaux de gauche, fidèles à l’esprit de Michel Crépeau, défendent depuis longtemps une vision positive et humaniste de l’écologie politique. Le cadre fixé par François Hollande permet de relancer l’esprit originel du Grenelle de l’Environnement pour faire de la France, la «Nation de l’excellence environnementale».

 

Les perspectives tracées par le Président de la République pour la transition énergétique permettent de relever les défis environnementaux tout en préservant, voire en favorisant, notre activité économique. François Hollande réconcilie progrès et écologie.

 

Nous voulons un développement, économiquement efficace, écologiquement soutenable et socialement équitable. C’est un enjeu majeur des politiques publiques européennes, nationales, et régionales des prochaines années et nous le voulons, ce développement, durable et respectueux des valeurs que nous défendons.

 

Notre capacité à construire collectivement des solutions acceptables et appropriables par tous est une condition indispensable pour réussir. Dans un contexte où il nous faut organiser une société en transition vers un autre modèle, le thème de la cohésion sociale se révèle donc d’une acuité particulière. Le pilier social est ainsi plus que jamais le pilier charnière, indissociable des deux autres composantes que sont l’économique et l’environnemental.

 

Au passage, j’ajoute que j’ai toujours regretté que la Culture ne soit pas considérée comme un des piliers. A mon sens, elle fait partie, elle aussi, du développement durable. La diversité culturelle est une grande richesse pour les individus et les sociétés. La protection, la promotion et le maintien de la diversité culturelle sont une condition essentielle pour un développement durable au bénéfice des générations présentes et futures.

 

Tout à l’heure, nous délibérerons sur l’agenda 21 de la Région. Notre groupe salue le travail accompli par les services, sous la conduite de Laurent Beauvais et Jean-Karl Deschamps. C’est un travail remarquable.

 

Les agendas 21, parce qu’ils engagent les territoires sur le long terme, ont vocation à nous projeter dans l’avenir. Nous faisons l’hypothèse que le développement durable, en plaçant l’homme au cœur de son environnement naturel et planétaire, et face à sa responsabilité présente et future, refonde un certain nombre de notions et ouvre de nouvelles perspectives, à même de mobiliser l’ensemble des acteurs (économiques, sociaux, culturels, de l’éducation, de la santé...) et de renouveler l’action publique dans les territoires.

 

Mais rappelons-nous que si l’agenda 21 est un projet de développement territorial à l’échelle nationale, il est également une réponse aux défis posés à l’échelle de la planète et doit être une mise en synergie de solidarité entre territoires, ici et là-bas.

 

Nous avons en Basse-Normandie, les richesses sociales qui peuvent donner la profondeur nécessaire à la cohésion sociale et construire une vision à long terme. Des hommes et des femmes, une diversité culturelle, des compétences, des savoir-faire, des initiatives sociétales, des outils, des réseaux sociaux, une capacité d’innovation sociale, etc. : autant d’opportunités pour faire sens et pour agir, à la fois pour les individus et à l’échelle des territoires.

 

Les agendas 21 portent en eux une promesse et un espoir. Ils promettent une société plus juste, plus respectueuse, plus partageuse et plus digne pour aujourd’hui et pour demain. Nous sommes tous responsables de cette promesse et de cet espoir. Des questions correctement posées pourront émerger des réponses adaptées.

 

Un autre thème, cher aux Radicaux, est celui de l’Economie Sociale et Solidaire. La crise qui touche l'ensemble de l'économie mondiale depuis 2008 a, au moins eu un mérite, celui de mettre en lumière un modèle auparavant très sous-estimé : l'économie sociale et solidaire. En effet, le secteur de l’économie sociale et solidaire, sous toutes ses formes fait partie intégrante de notre économie.

 

Source d'emplois non délocalisables, conciliant performance économique, progrès social, innovation, préservation de l'environnement, développement local, revitalisation territoriale, l'économie sociale et solidaire, dans le contexte actuel, ne manque pas d'atouts.

 

L’ampleur de la contribution du monde associatif, pour répondre à l’ensemble des problématiques auxquelles notre société est confrontée, est incommensurable. Et l’impact du tissu associatif dépasse d’ailleurs largement la préservation de la cohésion sociale. L’économie sociale et solidaire (ESS) rassemble les entreprises qui cherchent à concilier activité économique et utilité sociale, donnant la primauté aux personnes sur la recherche de profits. Acteur économique de poids, l'ESS représente 10 % du PIB et près de 10 % des emplois en France.

 

Pourtant, le monde associatif et de l’ESS souffre de la réduction des ressources financières allouées par l’Etat, sans que les collectivités locales n’aient été mises en capacité de compenser cette réduction de leurs moyens. En effet, entre 2007 et 2012, l'État s'est nettement désengagé, comme l’illustre symboliquement la suppression, en 2010, dans le cadre de la RGPP, de la délégation interministérielle à l'innovation, à l'expérimentation sociale et à l'économie sociale. De plus, il a fallut composer avec le gel des dotations d'État aux collectivités.

 

Mais la nouvelle Majorité a pris la mesure de l'importance de l'ESS. Et la Région, malgré la contraction de ses ressources, garde intacte l’importance qu’elle attache à ses politiques d’appui à ce secteur qui apporte une réponse à des enjeux multiples : de la santé des Bas-normands, au soutien à des public vulnérables, en passant par la cohésion sociale dans notre Région, par le dynamisme d’acteur créateurs de nombreux emplois locaux, et par la revitalisation de notre territoire.

 

L'enjeu du financement des structures relevant de l'économie sociale et solidaire est donc capital. Et nous attendons beaucoup de la banque publique d’investissement, dont l’une des vocations première consiste à adapter et structurer ces investissements vers l’ESS. Mais la BPI est encore trop timide. Souhaitons qu’elle accélère le rythme.

 

L’ESS doit bénéficier d'un cadre législatif et réglementaire modernisé, de ressources pérennisées, et ses représentants doivent être écoutés et considérés comme des partenaires. Ce faisant, elle constituera un des leviers incontournables du redressement de notre économie et de notre pays !

 

Prochainement, le Conseil Régional de Basse-Normandie organise des « Rencontres Bas-normandes de la Vie Associative ». Il s’agit, autour de plusieurs rencontres thématiques (solidarités, sport, culture…), d’étudier les conditions d’un partenariat renouvelé entre le secteur associatif et la Région Basse-Normandie. Nous pourrions aussi imaginer un « Schéma Directeur de la Vie Associative et du Bénévolat » permettant de mieux localiser l’ampleur des actions soutenues, définir de grandes priorités thématiques et territoriales, et favoriser l’engagement des bénévoles en les informant sur les projets qui irriguent leur territoire. Nous pourrions plus efficacement territorialiser le soutien régional, consolider dans le temps l’aide aux structures et développer des logiques contractuelles articulées autour d’objectifs partagés.

 

Là encore, le monde associatif, de l’amicale des joueurs de boules aux associations spécialisées sur la solidarité, ou encore aux maisons des jeunes et de la culture de quartier, et jusqu’aux services à la personne anime la vie sociale et culturelle, joue un rôle crucial et apporte des réponses innovantes aux besoins des Bas-Normands.

 

Enfin, se pose la question de la formation des individus. Là encore, c’est un enjeu crucial pour l’efficience des politiques régionales.

 

Par exemple, l’appréhension des enjeux en matière de lutte contre les discriminations, d’égalité hommes-femmes, de laïcité, mais aussi les enjeux relatifs à d’autres champs comme la santé ou la violence, justifie un accompagnement spécifique des encadrants.

 

Aussi, quelque chose d'essentiel se joue dans la nature et le volume de nos dispositifs de soutien à la vie associative et à l’ESS.

 

L’économie sociale et solidaire est aujourd’hui à la croisée des chemins : elle a besoin qu’évoluent tant son statut juridique que ses modes de financement. À défaut, l’économie sociale et solidaire manquera un rendez-vous historique.

 

Pour l’ensemble de ces raisons, l’ESS mérite toutes les attentions, et en particulier la nôtre, monsieur le Président.

 

Enfin, vous le savez, notre groupe est très attaché à la promotion, d’une part de la laïcité, d’autre part, de la citoyenneté et des valeurs qui la structurent.

 

La citoyenneté n’est pas la simple addition de droits et devoirs civils et politiques. Elle doit être une adhésion à une communauté de destin et une participation à la vie de la Cité.

 

Au travers de nos politiques de soutien aux démarches citoyennes, c'est donc une certaine vision d'un développement plus cohésif que nous portons. Il s'agit tout à la fois de lutter contre les exclusions et les discriminations, mais aussi et surtout, d'offrir à chacun les conditions de sa participation à la vie de la cité et de s'y sentir respecté et intégré. C'est également un soutien et un encouragement à toutes formes d'engagement au service du bien commun.

 

Pour que les citoyens puissent « faire société » ensemble, l’action régionale ne doit donc pas être restreinte à la réalisation de dispositifs de concertation et de participation, mais s’intéresser aux conditions dans lesquelles ces outils sont, ou ne sont pas, mobilisés par les Bas-normands.

 

Nous souhaitons que la laïcité et que la citoyenneté apparaissent comme une réponse structurante aux problématiques de cohésion sociale. Il en est de même, bien entendu, pour l’égalité Hommes Femmes.

 

Pour conclure, je voudrais citer Sénèque : « Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles. »

 

Alors osons aller vers un développement très humain et durable. Merci de votre attention.