"Dans la vie, il n'y a pas de solutions ; il y a des forces en marche : il faut les créer et les solutions suivent."

 

Antoine de Saint-Exupéry.

 

  

"Pour ce qui est de l'avenir, il ne s'agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible."

 

Antoine de Saint-Exupéry.

 

 

Intervention lors de l'Assemblée plénière du 25/09/2014

 

Monsieur le Président,

Mes chers collègues,

Tout d’abord, je voudrais souhaiter la bienvenue à notre nouveau collègue Jean-Louis Gérard.

La tâche est immense pour redresser le pays. Elle demande du courage et de la détermination afin que les efforts consentis par les Français ces derniers mois ne soient pas vains.

Le monde vit actuellement une période de mutation extraordinaire. Toute période qui remet en cause l’existant est génératrice d’angoisses. Le mot qui revient le plus souvent est celui d’« inquiétude ». Notre responsabilité d’élus est d’arriver à dépasser ces angoisses, d’avancer de façon constructive en fonction des responsabilités qui sont les nôtres et de l’intérêt des territoires et de leurs habitants.

 

Le contexte actuel est marqué par les attentes très fortes de nos concitoyens qui souhaitent des décisions politiques plus soucieuses du pouvoir d’achat, de l’emploi, de l’égalité sociale et de l’environnement. Notre politique régionale y répond, à son niveau, comme en témoignent les rapports que vous soumettez au vote aujourd’hui, oui, y répond par les mesures qu’elle propose en matière de développement économique, d’emploi et d’environnement.

 

Lorsque l’on est en responsabilité dans une période aussi critique que celle que nous traversons, il est important de dire la vérité à nos concitoyens, ce que vous vous attachez à faire, M. le Président, et ce que nous nous attachons à accomplir collectivement. Nous devons être clairs et audibles.

Bien-sur, nous ne pouvons pas tout et tout de suite. Mais, depuis mars 2010, notre majorité, avec les moyens qui son les siens, a déjà tenu nombre de ses engagements de campagne. Nos ambitions sont restées au cœur de l’action proposée aux Bas-Normands.

Il nous faut sans cesse accentuer, amplifier notre action, innover, provoquer le destin et tenir sans relâche le cap que nous avons collectivement fixé.

On le sait tous, une nouvelle période pleine de responsabilité s’ouvre après 30 ans de décentralisation, mais aussi 30 ans d'évolution de notre société. La décentralisation est une  valeur fondamentale de la République. Elle doit le rester.

La nouvelle organisation territoriale se profile.

En aucun cas, nous ne sommes dans une posture de repli ou de revendication, mais au contraire, nous nous inscrivons dans une logique de co-construction avec la Haute-Normandie, par le dialogue, par la négociation, par un positionnement qui soit stratégique au sein de ce grand ensemble.

Je sais, Monsieur le Président, que les Services du Conseil Régional et vous y travaillez avec méthode.

 

La Normandie se construit pas à pas, à partir de dossiers partagés et d’une volonté́ politique.

L’exercice est complexe. Réunir des intérêts et proposer les voies et les moyens apportant une valeur ajoutée n’est pas toujours simple. Là encore il faut cheminer entre le vécu quotidien et les projets d’avenir.

Nous avons tout à gagner à prendre de l’avance pour répondre aux grandes questions qui vont se dégager et défendre au mieux l’intérêt du territoire et des Bas-Normands.

 

Parmi les opportunités, on peut ainsi citer l’économie, l’énergie, le tourisme, le numérique. Il y a dans ces domaines des synergies à développer car nous pourrons disposer d’une force de frappe considérable, sans commune mesure avec ce qui existe aujourd’hui, en particulier vis-à-vis de l’international.

 

Une réforme n'a de sens que si elle contribue à l'amélioration du quotidien des citoyens, renforce la justice sociale, et permet d'optimiser l'action publique et les services publics.

Pour autant, on ne peut pas tout demander aux Régions : mener l’indispensable relance et ne pas leur donner les moyens d’y parvenir.

 

Les Radicaux de Gauche sont favorables à une affirmation et un renforcement des compétences régionales, mais ce mouvement ne peut se faire sans moyens. Nous pensons que c'est le moment idéal pour une remise à plat de la fiscalité locale. C'est un enjeu majeur.

Depuis la réforme de la Taxe professionnelle, on le sait,  les leviers budgétaires sont restreints.

Notre souhait d'autonomie fiscale est d'autant plus légitime que l'effort budgétaire, toujours plus grand demandé aux collectivités, s'accompagnera d'un élargissement de leurs compétences.

Les dernières élections doivent nous le rappeler. Les citoyens ne croient plus en la politique, ne comprennent plus l'utilité des impôts qu'ils payent, ne parviennent plus à identifier les bons interlocuteurs et ne voient plus l'intérêt de se déplacer voter, même pour une élection d'ordinaire mobilisatrice qu'est celle du maire.

Il faut redonner du sens à nos politiques publiques, replacer les citoyens au cœur de nos actions, et nous en sommes convaincus, cela passe, par plus de lisibilité dans notre politique fiscale.

Une politique fiscale plus claire pour des services publics plus efficaces et une région unie au service de l'équité territoriale, tel doit être notre leitmotiv.

- d’une part, pour les citoyens, afin que l'impôt soit plus lisible, plus compréhensible et donc mieux accepté avec la création d'un impôt personnel, unique et progressif

- et d’autre part, pour les collectivités territoriales, afin d'assurer correctement leurs missions et de continuer à remplir leur rôle central dans l'investissement et le soutien à l'innovation en leur octroyant des ressources pérennes et dynamiques.

Présenter cette réforme uniquement comme un exercice financier qui consisterait à faire des économies est une erreur.

Si nous réformons, c'est avant tout pour apporter à nos concitoyens une plus grande qualité de services.

La Région, par sa vision stratège et prospective, est le véritable échelon de solidarité territoriale et d’innovation publique, reconnu par l’Europe.

 

Mais soyons lucide, la puissance publique ne peut assumer seule le redressement du pays. Nous ne pourrons réussir sans préserver et accroitre les capacités de développement de notre tissu entrepreneurial. Le rôle qu’il joue dans la création d’emplois et d’activité est moteur. La Région se doit d’offrir à nos entreprises un écosystème qui favorise la création, l’innovation et l’engagement. A nous de les accompagner dans leur démarches éco responsables, et socialement innovantes.

 

En 2013, notre Conseil Régional a créé le Fonds régional Stratégique pour maintenir notre industrie bas-normande et les emplois dans les filières émergeantes (je pense notamment au numérique,  à la santé, au nucléaire, aux biomatériaux.)

C’est un levier nécessaire pour laisser les entreprises respirer.

Investir et créer des emplois n’est pas toujours simple pour une entreprise.

 

Tout à l’heure, nous délibérerons quant à la RIS 3 et le lancement des AMI.

Tout ce qui nous permettra de mobiliser des fonds européens et de contribuer durablement au développement économique régional va dans le bon sens.

 

Notre pays a besoin de redresser la croissance et de réduire le chômage, de donner une meilleure visibilité aux chefs d’entreprise, et de la sécurité aux salariés.


Il faut faire de l’entreprise le lieu non seulement de la création de richesses mais aussi celui où la répartition de celles-ci s’effectue de façon juste.

Pour qui souhaite davantage d’harmonie et de solidarité dans le monde, il n’est pas d’alternative : liberté, égalité et justice doivent trouver place au sein de l’entreprise. Faire entrer l’entreprise dans la modernité sociale est une ambition considérable.

 

Les Radicaux de Gauche aiment l’entreprise et les salariés.

La gauche moderne doit placer l’entreprise et ses salariés au cœur de sa réflexion économique et sociale.

 

La clarté des partages de compétences, la responsabilisation de collectivités dotées de l'outil fiscal, et le rapprochement entre notre collectivité et nos concitoyens sont les enjeux majeurs qui détermineront la réussite de la réforme territoriale.

 

Le philosophe Epictète disait que « Tout est changement, non pour ne plus être, mais pour devenir ce qui n'est pas encore. »

 

Le futur est déjà là ! Regardons-le pour organiser l'avenir.


                                                                                                Muriel Jozeau-Marigné