"Dans la vie, il n'y a pas de solutions ; il y a des forces en marche : il faut les créer et les solutions suivent."

 

Antoine de Saint-Exupéry.

 

  

"Pour ce qui est de l'avenir, il ne s'agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible."

 

Antoine de Saint-Exupéry.

 

 

Intervention lors de l'Assemblée plénière du 25/10/2012

Monsieur le Président,

Chers collègues,

Mesdames, Messieurs,

Le 12 octobre dernier, le Prix Nobel de la Paix a été attribué à l’Union Européenne. (502.519.978 européens)

La reconnaissance par les Norvégiens de ce que l'Europe a apporté au monde n'est pas une  mince affaire.

Que l’Union Européenne reçoive un prix Nobel de la part de la Norvège qui n'a jamais voulu intégrer l'Europe, il faut le dire, c’est cocasse. 

Je dois dire, moi aussi, comme tout le monde, j'ai été surprise par le choix de voir décerner le prix Nobel à l'Union Européenne. Mais, heureusement surprise, et pas longtemps.

D'abord, parce que depuis sa naissance, dans un contexte incroyablement difficile, l'Europe a résolu énormément de crises sans guerre et sans dictature ! Cela peut en chagriner certains, mais moi, ça me réjouit.

C’est une excellente nouvelle. C’est un magnifique hommage à la capacité des fondateurs comme de leurs successeurs, à rassembler des peuples, avec des objectifs de concorde et de progrès.

Les Radicaux de gauche qui défendent la construction d’une Europe fédérale, au service des citoyens, se réjouissent que le projet européen soit aujourd’hui honoré de si belle manière.

Cette distinction nous rappelle que la construction européenne est un projet politique avant d’être un projet économique. L’Europe est devenue en moins d’un siècle une référence mondiale en matière de démocratie, de respect des Droits de l’Homme et de promotion de la Paix dans le monde.

L’actualité européenne est riche ces temps-ci, puisque le nouveau traité européen de stabilité, ce fameux traité, a été adopté par le Parlement français.

Certes, le texte du traité reste inchangé. Mais à côté du texte, il y a le contexte qui, lui, s’est modifié.

Ces faits nouveaux changent la donne et permettent désormais la ratification de ce traité.

 

L’Europe est à un tournant. Certains peuvent penser que ce traité est un moyen de prolonger l’agonie d’un système, nous, nous considérons qu’il est au contraire le moyen de permettre à l’Europe de faire face aux difficultés immédiates de relancer sa construction.

Il faut relancer le grand idéal européen dont Victor Hugo a été le visionnaire en proposant, avant tout le monde, les « Etats-Unis d’Europe ». Les Français aiment avoir un grand idéal, un grand objectif pour aller de l’avant.

Si l’Europe n’est pas à l’origine de la crise, elle peut en être la solution.

Nous avons besoin de plus d'Europe. N’oublions pas que l’Europe est ce que nous en faisons.

La France a pris un retard considérable en matière de compétitivité face à ses principaux concurrents. Nos entreprises ont besoin d’un gain massif de compétitivité immédiat pour reprendre pied, au moins en Europe, et retrouver une véritable capacité d’investissement et d’embauche.

Ce traité budgétaire n'a de sens qu'en déclenchant aussitôt des mesures de relance d'une croissance durable européenne.

Depuis 25 ans, en France, on a détricoté les institutions financières publiques. La mise en place de la Banque publique d'investissement, la BPI, est donc le signal d'une nouvelle politique.

Nous mesurons l’avancée offerte aux régions de présider les comités d’engagements de cette BPI, en plus des comités d’orientations ; il devra en être de même quant à notre place dans la gestion des fonds européens, mais aussi des politiques d’accompagnement et de formation des salariés sans emploi.

Il ne faudrait surtout pas que la BPI devienne une institution qui ronronne, au profit des grandes entreprises et projets, selon une direction de "grandes personnalités", toujours les mêmes, et qui oublient notamment le financement des PME.

La BPI ne donnera pas toute la liquidité dont la France a besoin, mais elle pourrait être le lieu de réflexion pour inventer une nouvelle finance, et il faudra beaucoup d'efforts pour que les réflexions soient constructives.

Ici, nous devons veiller à l’adéquation de nos orientations et dispositifs, pour contrer la violence de la crise qui affecte nos entreprises et l’emploi en Basse-Normandie.

Nous ne devons pas remettre en cause la mobilisation de la Région sur des vecteurs de croissance structurelle : le soutien à l’innovation, à l’expérimentation, aux entreprises engagées sur les marchés émergents, et l’accompagnement de la transition écologique et sociale de l’économie. Nous construisons là, la croissance de demain.

Nous pouvons d’ailleurs relever, dans l’attribution du rôle majeur que jouera la Région dans la gouvernance de la BPI, la validation du savoir-faire régional.

On assiste à une véritable révolution de l’action publique économique où la place des régions est reconnue et revalorisée. Elles participeront directement à la gouvernance de la Banque Publique d’Investissement. L’Etat a pris la mesure de la nécessité de simplifier le soutien aux entreprises en le concentrant autour des Régions  

Concrètes et volontaristes, les mesures proposées forment un véritable pacte de croissance entre Etat et Régions : création de plateformes communes d’accueil des entreprises pour leurs besoins de financement, renforcement du crédit impôt recherche pour les PME, mise en œuvre des emplois d’avenir et de parcours qualifiant pour les jeunes, plan de formation des salariés en situation de chômage partiel ou menacé de l’être, réservation d’une partie des 120 Mds d’€ européens réservés à la croissance pour les projets des Régions. Ce sont des engagements forts de la part de l’Etat et des Régions.

Nous sommes dans une période de défis et de tensions mais aussi d'espoirs.

Il faut avoir un regard lucide sur la crise et une vision optimiste de l'avenir.

 

Et l’avenir a besoin de nous.

Gardons le cap.

Merci pour votre attention.