"Dans la vie, il n'y a pas de solutions ; il y a des forces en marche : il faut les créer et les solutions suivent."

 

Antoine de Saint-Exupéry.

 

  

"Pour ce qui est de l'avenir, il ne s'agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible."

 

Antoine de Saint-Exupéry.

 

 

Intervention lors de l'Assemblée plénière du 20/11/2014

Monsieur le Président,

 

Mes chers collègues,

 

Nous allons débattre aujourd’hui des orientations budgétaires pour l’année 2015, une année charnière.

Tout d’abord, elle marquera la fin de cette mandature.

Ensuite, l’année 2015 sera la première année de mise en œuvre du programme européen Feder 2014-2020 dont la Région est désormais autorité de gestion.

2015 sera également l’année du démarrage d’un nouveau Contrat de Plan État-Région.

Et surtout, ce budget sera le denier élaboré sur la base de notre territoire actuel.

 

Nous avons donc devant nous, une année, une année  de rigueur, d’imagination et d’énergie pour préparer l’avenir, l’avenir de la Normandie réunie, que les  Radicaux de Gauche appellent de leurs vœux depuis de si nombreuses années.

 

Les orientations budgétaires présentées aujourd’hui sont marquées par une grande inconnue : la réforme territoriale. C’est donc dans un contexte d’incertitude que les grandes lignes nous sont présentées.

Les orientations budgétaires 2015 marquent cependant lespriorités :

 

Oui, il nous faut mobiliser pour l’emploi

-          en dynamisant les filières économiques et en anticipant les mutations

-          en développant les compétences

-          en innovant sur le terrain de la recherche et de la santé

-          en promouvant la région en Europe et à l’international

 

Oui, il nous faut miser sur la jeunesse

-          en équipant, rénovant et construisant les lycées de demain

-          en développant une formation accessible pour les jeunes

-          en accompagnant les initiatives citoyennes des jeunes

 

Oui, il nous faut animer les territoires

-          en renforçant la mobilité et le maillage

-          en favorisant les pratiques culturelles et sportives

-          en communiquant à l’ère du numérique

-          en développant un territoire attractif

-          et en valorisant la mémoire de nos territoires.

 

Notre région  a de nombreux atouts et nous avons une année pour  préparer les Bas-Normands à vivre la Normandie de 2016.

Les orientations budgétaires qui nous sont proposées pour l’année 2015 nous donnent à ce titre le sentiment d’une nuance nouvelle dans la vision régionale.

Pour notre groupe, deux tendances politiques doivent être prioritaires, et la lecture des orientations budgétaires démontrent qu’elles sont partagées.

Tout d’abord celui de l’accompagnement de nos entreprises pour leur assurer les conditions de leur survie ou de leur développement.

Certes, la part de notre investissement dans le PIB régional n’est pas neutre. Mais c’est bien dans la capacité de nos entreprises à trouver elles-mêmes des débouchés en France et à l’international, à engager de vraies politiques d’innovations et de recherche, à s’inscrire dans les nouveaux marchés, que se joue le niveau de l’emploi en région.

Ensuite, en participant à la création d’un écosystème qui leur soit favorable.

C’est-à-dire des transports modernisés, un maillage en très haut débit de l’ensemble du territoire, une excellence de nos formations professionnelles et des synergies fortes avec les centres de recherches.

Bref, mettre en place une politique de l’offre ambitieuse en termes d’innovation et d’attractivité.

Encore faut-il que nous puissions bénéficier des moyens de nos ambitions.

De ce point de vue, le maintien des grands équilibres budgétaires régionaux, malgré des recettes toujours plus fragiles et incertaines, témoigne du volontarisme  et de la pertinence des politiques de notre majorité.

Tous les besoins auxquels nous tentons de répondre ne pourront, nous le savons, être satisfaits. Des choix doivent être faits. La problématique de nos ressources, se pose avec encore plus d’acuité.

L’emploi durable à forte utilité sociale, et non-délocalisable doit être au cœur de notre politique.

La conditionnalité de nos aides aux entreprises, le renforcement de nos investissements socialement responsables, et le poids accordé à l’Economie Sociale et Solidaire seront des éléments importants de notre appréciation du budget.

Enfin, n’oublions pas que l’objet de notre politique reste d’assurer à chacun les conditions de son épanouissement dans une société rassemblée.

C’est bien l’attachement à la cohésion sociale, à l’égalité des chances et au vivre ensemble qui doit lier notre majorité.

Nos politiques éducatives, de citoyenneté et nos politiques culturelles, au-delà des emplois qu’elles génèrent intrinsèquement, restent donc pour notre groupe, des priorités indépassables.

Dans un contexte de croissance faible, de chômage élevé et en progression, de réduction de la dépense publique, la tentation est grande pour beaucoup de considérer qu'on ne peut rien faire. La résignation est une tentation, le pessimisme se répand, l'individualisme gagne du terrain. Nous refusons le fatalisme et les orientations budgétaires proposées illustrent bien ce volontarisme que nous partageons avec vous, Monsieur le Président.

Bâtir un budget est un exercice difficile et courageux, dans un contexte inédit de baisse des recettes mais également de forte évolution du cadre institutionnel, législatif et réglementaire.

Le Projet de Loi de finances présenté au Comité des Finances Locales le 30 septembre dernier, officialise la baisse massive des dotations aux collectivités locales : -11 Milliards d’euros en trois ans.

Pour les Régions, cette baisse aura des conséquences lourdes, notamment sur les capacités d’investissement : elles sont le seul échelon à ne pas disposer de ressources fiscales qui permettraient d’atténuer la perte de ressources.

Une vraie réforme fiscale devient donc plus que nécessaire, avec la création d’un grand impôt universel et progressif. C’est ce que proposent les Radicaux de Gauche depuis de nombreuses années.

Les Régions jouent un rôle moteur sur les territoires, dans l’accompagnement des PME et la modernisation de l’appareil productif. Elles sont la collectivité qui réinjecte le plus de ressources dans le circuit économique. Elles soutiennent l’investissement avec la nouvelle génération des contrats de plan Etat-Régions. Il faut donc des contreparties à cette baisse des dotations.

Dans le cadre de l’évolution programmée de leurs compétences et de leur pouvoir d’action, les Régions doivent disposer de ressources fiscales et cohérentes avec leurs compétences.

Notre collectivité est prête à assumer ces nouvelles compétences, et elle demande pour cela, comme les autres régions, de nouvelles recettes fiscales dynamiques.

Demain, nos régions renforcées compteront davantage dans l'espace européen. Elles disposeront de moyens étendus en matière de développement économique, d'emploi, de formation, mais également de transports. Notre future grande région Normandie sera plus forte pour encourager l'innovation, pour renforcer l'attractivité du territoire. Dans quelques mois, nous serons mieux armés pour avancer sur un même pied d'égalité avec les autres grandes régions européennes.

Pour ma part, je suis convaincue que c'est le sens de l'histoire. Il faut aller de l'avant, faire confiance aux intelligences territoriales car l'expérience de terrain reste le meilleur miroir des réalités quotidiennes.

Jean Monnet disait : « Rien n’est possible sans les hommes, rien n’est durable sans les institutions. »

La réforme de nos institutions vers une République moderne est indispensable. Les institutions parfaites n’existent pas. Elles doivent simplement s’adapter aux défis de leur temps.

 

Merci de votre attention.