"Dans la vie, il n'y a pas de solutions ; il y a des forces en marche : il faut les créer et les solutions suivent."

 

Antoine de Saint-Exupéry.

 

  

"Pour ce qui est de l'avenir, il ne s'agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible."

 

Antoine de Saint-Exupéry.

 

 

Intervention lors de l'Assemblée plénière du 20 décembre 2012

Monsieur le Président,

Chers collègues,

 

En cette dernière assemblée plénière de l’année, il me revient le privilège d’ouvrir le bal des Présidents de groupe.

2012 a été une année politique d’une densité et d’une importance exceptionnelle, tant en France qu’à l’étranger d’ailleurs.

Après 10 années passées dans l’opposition, après des belles primaires citoyennes et une campagne menée tambour battant, la Gauche a enfin retrouvé la confiance de nos concitoyens. Un tournant politique historique.

On se souvient tous du 22 janvier : François Hollande prononce un très beau discours au Bourget, je le cite :

« Je suis venu vous parler de la France, et donc de la République. Je suis venu vous parler de la France qui souffre, mais aussi de la France qui espère. Je suis venu vous parler de la France d'aujourd'hui - une page est en train de s'effacer - et de la France de demain - nous sommes en train de l'écrire. »

Et le 6 mai, il remporte l'élection présidentielle avec 51,6% des voix. Une victoire mémorable qui n'est pas sans rappeler la consécration de François Mitterrand en 1981, qui avait à l'époque remporté un nombre de voix quasi similaire (51,8%). Le choix de la place de la Bastille pour célébrer l’événement était donc lourd de symbolique. Les législatives seront gagnées dans la foulée.

 

2012 est, a été, une année charnière pour la gauche, cette gauche française qui a toujours été une gauche pluraliste. Elle a toujours comporté plusieurs formations, dont chacune a son histoire, son identité spécifique, sa valeur ajoutée. Une gauche qui sait gagner les batailles quand elle est unie. La République est ce qui nous rassemble.

Alors 2013 se profile. Et pour vous prouver que je ne crois pas que la fin du monde soit pour demain, j’aimerais vous faire part de mes souhaits, de mes souhaits politiques, bien entendu, pour 2013, tout ce que nous radicaux de gauche voudrions voir aboutir :

Tout d’abord, concernant l’Education. Je me souviens que François Hollande effectuait, le 15 mai dernier, son premier acte de président en rendant hommage à Jules Ferry.

Le Ministre de l’éducation a annoncé depuis des mesures qui vont incontestablement dans le bon sens. Après plusieurs années de mise à sac de l’éducation, l’heure de la reconstruction est venue.

Le rétablissement d’une véritable formation initiale pour les enseignants, la priorité donnée à l’école primaire, la planification des moyens – en particulier pour le développement du numérique -, la réaffirmation du principe de laïcité. Il a même été décidé d’installer une mission sur la "morale laïque" à l’Ecole.

Parce que la laïcité est une valeur à conserver. Notre pays respecte toutes les croyances. Il garantit le libre exercice des cultes mais il n’en reconnaît aucun. « La Loi doit respecter la foi, mais la foi ne peut dicter la loi ». J’insiste là-dessus, car aujourd’hui, ce principe est encore trop bafoué comme on a pu le constater récemment avec les 8500 mousses au chocolat qui ont été jetées à la poubelle, au Havre ou avec la création d’un « conseil des cultes » et d’une « journée des spiritualités » à Argenteuil.

Nous attendons avec impatience la mise en place en 2013 de l’Observatoire national de la laïcité. Il est important de se doter des outils indispensables pour veiller à l’application de la loi de 1905.

Sur ces sujets de société, ça discute et ça discute beaucoup.

Si on continue de se placer sur le terrain des libertés individuelles, je voudrais aussi parler du mariage pour tous. Nous sommes conscients que les mœurs et la société évoluent, et nous souhaitons que pour 2013 un cadre législatif soit établi. Oui, nous sommes favorables au mariage pour tous qui doit ouvrir le droit à l’adoption pour les couples de même sexe.

Autre sujet de société : Le droit de mourir dans la dignité.

Choisir sa mort doit être la dernière liberté. Le rapport Sicard démontre les insuffisances de la loi Léonetti, mais n'en tire pas toutes les conséquences. Il faut aboutir au plus vite à cette réforme sur le droit à la mort assistée, ce sera une vraie avancée sociétale, qui concerne tout le monde. Nous serions satisfaits si ce droit au patient d’obtenir une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité était pour l’année prochaine.

Si on va maintenant sur le terrain de l’économie, nous nous souvenons que François Hollande avait ciblée la finance comme ennemie, comme seule ennemie de la gauche. Pourtant, la finance est toujours là, aussi insolente. La finance doit être réformée. On pourrait déjà commencer par interdire les paris financiers sur le dos des salariés qui ne sont parfois vus seulement comme des variables d’ajustement au service exclusif des marchés financiers.

Il n'y a pas de finance sans économie, il n'y a pas d'économie sans politique. Cela montre à quel point le monde politique doit dominer et maîtriser le monde financier, loin des fantasmes et des démagogies. 

Il s'agit d'un enjeu énorme, au coeur de l'action publique et de l'action politique.

La gauche revenue aux affaires ne bénéficie d’aucun état de grâce. La crise économique, qui est d’abord une crise financière, l’inquiétude provoquée par la hausse du chômage, par la faiblesse du pouvoir d’achat, et plus généralement par une précarité sociale toujours accrue, tous ces problèmes persistants sont là pour rappeler à la gauche que le temps qui s’ouvre est celui de la responsabilité. Le changement, ce doit être maintenant. On n’a plus le temps d’attendre.

Depuis 25 ans, on a détricoté les institutions financières publiques, la Banque publique d'investissement est donc le signal d'une nouvelle politique. L’Etat a pris la mesure de la nécessité de simplifier le soutien aux entreprises en le concentrant autour des Régions.  

Sans transition, un autre sujet va s’imposer à nous très vite, celui de la question énergétique. On le sait tous, la transition énergétique est vitale. Oui, vitale pour notre planète et notre avenir, mais aussi pour notre économie et notre confort et la sécurité du futur proche de nos enfants.

Laurent en a parlé, la France ouvre un débat national sur ce sujet pour engager l'avenir en utilisant moins de nucléaire dans un contexte de diminution de la consommation grâce à l'efficacité, moins d'énergies fossiles, plus d'énergies renouvelables et tout cela en divisant par quatre ses émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2050.

Nous consommons trop d’énergie, les ressources de la planète sont entamées au–delà de la moitié des réserves.

Il y a des pistes bien sur : On peut penser à la rénovation de logements par le déploiement de financements adaptés et par une alliance des professionnels du secteur, des industriels et des collectivités.

On peut orienter les investissements des ménages et des entreprises, grâce à une fiscalité environnementale.

Il faut réfléchir au mix électrique, redéfinir les 50% qui ne seront pas produits par du nucléaire en 2025, en visant au moins 40% d'énergies renouvelables.

Quels que soient les choix qui seront faits, il faut savoir que les coûts seront faramineux. A quel niveau, la facture sera-t-elle ressentie comme insupportable ? Il ne faudra pas non plus occulter les impacts en terme d’emplois. Quels enseignements tirer des autres pays ? Bref, il ne faut pas se tromper de stratégie.

Clémenceau disait : « Il faut savoir ce que l’on veut ; quand on le sait, il faut avoir le courage de le dire ; quand on le dit, il faut avoir le courage de le faire. » ; et j’ajouterais, d’en assumer les choix et les conséquences.

 

Voilà, j’espère que mes souhaits seront entendus. Osons le changement, et regardons fièrement l’avenir.

Se redresser sans renoncer à ce que l'on est : voilà le plus beau des défis pour notre Région et pour notre Majorité.

 

Je souhaite à tous les bas-normands, une très belle année 2013.

 

Merci de votre attention.