"Dans la vie, il n'y a pas de solutions ; il y a des forces en marche : il faut les créer et les solutions suivent."

 

Antoine de Saint-Exupéry.

 

  

"Pour ce qui est de l'avenir, il ne s'agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible."

 

Antoine de Saint-Exupéry.

 

 

Intervention lors de l'Assemblée plénière du 18/06/2015

Monsieur le Président,


Mes Chers Collègues,


Le temps imparti est à la fois court et long jusqu’aux prochaines élections régionales. A six mois de l’échéance de la mandature, on est tenté de regarder dans le rétroviseur le chemin parcouru depuis 2010. Et en même temps, le contexte très particulier imposé par la réforme territoriale nous impose de préparer l’avenir de la Normandie.

Six mois, donc. Ce délai, si court soit-il, ne saurait être un obstacle pour continuer d’agir. En tout état de cause, il nous commande d’aller à l’essentiel.


En 2010, une majorité des électeurs Bas-Normands avait souscrit au projet que nous proposions. Notre programme était basé sur : - le développement économique pour l’emploi, - l’égalité des chances pour nos concitoyens et particulièrement les jeunes, - l’aménagement durable du territoire. Il n’est pas question de faire un inventaire à la Prévert de toutes les politiques publiques dont nous nous sommes dotés. En tous cas, nous avons été réactifs et inventifs, en nous adaptant à un contexte sans cesse mouvant, en progressant, en ouvrant de nouvelles voies, ensemble.


Nous avons toujours eu l’emploi comme priorité absolue, toujours et encore. En matière d’économie, nous avons soutenu l'innovation pour améliorer la compétitivité des entreprises et avons accompagné le développement de technologies innovantes et respectueuses de l'environnement. Il fallait encourager l’excellence d’abord, parce que l’intelligence économique commande de favoriser des secteurs porteurs et spécifiques à notre région. Je veux parler notamment de la transition industrielle et énergétique, de l’économie numérique, de l’innovation sociale. En matière d’éducation, nous avons garanti l'accès de tous aux formations et préparer les jeunes pour que chacun ait un métier.

Concernant l’enseignement supérieur et la recherche, nous avons dépassé les inégalités de départ pour que chacun puisse construire son avenir. Concernant la formation, nous avons eu la volonté régionale d’offrir l'accès à la qualification et aux métiers, tout en répondant aux besoins de l’économie régionale Nous avons voulu, en matière de logement, un habitat accessible à tous et économe en énergie.

Nous avons voulu favoriser l'accès de tous, en particulier des jeunes, à la culture et aux sports. Nous avons réduit la fracture numérique et facilité une mobilité régionale durable et économe.


Le travail a été fait, en profondeur, par une majorité unie, avec toujours l’ambition de défendre notre région. Le tout dans un contexte difficile car notre pays traverse une crise aux multiples facettes. Les attentes des Français sont grandes et les réponses souvent jugées insuffisantes. Ici, en Basse-Normandie, nous avons fait le choix du bouclier social et écologique quand d’autres ne jurent que par des réductions de la dépense publique qui fragilisent les plus modestes et par conséquent engendrent des injustices. La cohésion, la cohérence, l’esprit d’équipe se sont imposés à nous, pour faire face et surmonter les difficultés.

Nos concitoyens attendaient de nous, des choix clairs, du travail, une écoute permanente, une présence sur le terrain et des résultats, et nous avons toujours agi en visant toujours le meilleur pour le territoire et ses habitants.


Notre bilan plaide pour nous. Nous avons cultivé la proximité parce que la proximité et le contact sont plus que jamais nécessaires. Nous avons pu mesurer l’intérêt et l’utilité de notre action, sur le terrain, au quotidien.


Plus que jamais, nous avons la conviction que la Région est le bon échelon pour permettre un développement solidaire de tous ses territoires.


Demain sera donc fait de nouveaux enthousiasmes où l’imagination et la réalité des choses permettront de trouver un équilibre, une dynamique spécifique et innovante pour la nouvelle Région.


Et demain, dans la Grande Normandie, pour tenir debout, tous ensemble, tous Normands que nous sommes, il nous faudra garder cet équilibre.


L’équilibre, c’est important. Il faut veiller aux équilibres économiques, sociaux et territoriaux. Il faut donner sa chance à chacun, sans oublier, qu’on ne tient en équilibre que si on avance. Les spécificités rurales ou péri-urbaines, font la diversité, mais aussi la force de notre Région. Un territoire particulier appelle des réponses particulières, c'est aussi ça, pratiquer l'équité territoriale. On ne peut pas nier, qu’un territoire, ce sont des habitants, des entreprises, des associations, des milieux de vie et des histoires vécues … et qu’une conception élevée de l’intérêt local est la première condition de l’équité territoriale.


L’unité de la Normandie suppose donc clarté et équilibre. Dans la vie, tout est une question d’équilibre, en fin de compte. Du corps humain à l’écosystème, en passant par la masse monétaire, ce qu’il faut, c’est maintenir l’équilibre.


Et puisque tout est une question d'équilibre... et bien cet équilibre, il faut que la Normandie le trouve aussi. L’amendement Tourret donne l’occasion d’une répartition juste et équilibrée des pouvoirs entre Caen et Rouen et de former ainsi une capitale bipolaire. Il faut donc une répartition équilibrée entre les deux villes avec l'idée de séparer le siège du pouvoir de l'Etat en région et le siège du pouvoir politique. Cet amendement Tourret est d’ailleurs aujourd’hui beaucoup regardé par d’autres futures grandes régions. Chaque territoire doit avoir sa place.

Oui, il est logique que Rouen accueille le chef-lieu de la future Normandie.

Oui, il est légitime que Caen accueille la future assemblée politique régionale et le CESER.

Oui, le dispositif mis en place par le gouvernement doit être équilibré et respecter les territoires (Préfet préfigurateur à Rouen, Recteur et Directeur de l’Autorité régionale de Santé à Caen).

Oui, il est important pour la qualité des services publics que les personnels régionaux restent en poste là où ils sont aujourd'hui. Assurément, des différences existent entre les conditions de travail des 2 500 salariés haut-normands et celles des 1 900 bas-normands. Le régime indemnitaire est plus intéressant en Haute-Normandie. Le déroulement de carrière est meilleur en Basse-Normandie. Il faudra parvenir à une harmonisation le rapidement possible. Les agents de nos 2 collectivités se posent des questions sur leur devenir au moment où les responsables politiques d’opposition de droite multiplient les interventions sur la diminution à venir du nombre d’agents publics et la diminution des services publics sur les territoires.


Le service public, c’est le bien de ceux qui n’ont rien. Il n’y a pas de services publics sans République.

Certains pensent pouvoir s'accaparer les valeurs républicaines.

Nous, Radicaux de Gauche, nous leur disons, que La République n'est pas une marque. La République est le bien commun de tous. Être républicain se prouve par des actes, pas par un nom. C’était une parenthèse. Revenons à la Normandie.


Il faut se dire les choses, toutes les choses. L’équilibre ne repose pas seulement sur Caen et Rouen : c'est bien un projet pour toute la Normandie, que nos concitoyens attendent. Aucun territoire ne doit être délaissé. La pression doit être mise sur les services de l’Etat pour que Cherbourg, Alençon et le Havre, notamment, soient pris en compte dans la répartition des compétences.


Nous souhaitons une Normandie équilibrée qui regarde autant vers la Grande-Bretagne, l'Ouest, les Pays de la Loire et la vallée de la Seine. Il s'agit ni plus ni moins que d'inventer une nouvelle culture de la gouvernance administrative et politique.

Ce système bicéphale rompt, il est vrai, avec la tradition française. Les comités de pilotage et de suivi permettent depuis plusieurs mois, de valider et d’accompagner la structuration de notre future région. Les politiques des deux régions ont été comparées. Les mesures de convergence se multiplient.

Compte tenu du calendrier, les services régionaux hauts et bas-normands travaillent ensemble à l’harmonisation comptable afin de permettre l’adoption, début 2016, du premier budget normand. Grâce à la mutualisation des moyens, on pourra faire mieux. Les mesures proposées à notre vote aujourd’hui vont dans le bon sens. Citons particulièrement et symboliquement, la politique en faveur de la desserte ferroviaire Caen-Rouen. Enfin les résultats du compte administratif présenté aujourd’hui nous permettent d’aborder avec optimisme l’avenir de cette Région gérée avec efficacité et professionnalisme.

Les réunions publiques organisées fin 2014, les ateliers thématiques encore plus récemment ont permis d’échanger avec les Bas-Normands et d’écouter leurs suggestions, observations, quant à la fusion des Normandie. Ces temps de rencontres ont rencontré un franc succès. Ce qui démontre, si certains en doutaient encore, que la fusion de nos deux Régions est parfaitement intégrée et attendue par les Normands.


Beaucoup en rêvait, la droite en parlait. Mais, c’est bien un gouvernement de Gauche qui aura réunifié la Normandie. Gouvernement, soit dit au passage, où la Normandie est fort bien représentée. La fusion va donner un élan extraordinaire à notre nouvelle région.


Pas de doute, la Normandie est en marche !


Je vous remercie.


Muriel Jozeau-Marigné.