"Dans la vie, il n'y a pas de solutions ; il y a des forces en marche : il faut les créer et les solutions suivent."

 

Antoine de Saint-Exupéry.

 

  

"Pour ce qui est de l'avenir, il ne s'agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible."

 

Antoine de Saint-Exupéry.

 

 

Intervention lors de l'Assemblée plénière du 16/10/2014

Monsieur le Président,

Chers collègues,


Notre société est déboussolée par une crise qui dure, mais aussi par une forme de pessimisme profond qui dessine un avenir sombre alors que notre pays a encore beaucoup d’atouts. Ainsi, près de 80 % des jeunes Français ne sont pas confiants vis-à-vis de la situation économique du pays dans les 10 prochaines années. Société désabusée aussi, car le citoyen a l’impression d’avoir tout essayé, y compris en politique, la droite…la gauche…. Nous sommes, nous, Français, constamment alimentés par cette idée persistante selon laquelle nous serions condamnés à un déclin inéluctable.

Alors, bien sûr, il n’est pas question de dire ici que tout va bien : les indicateurs économiques sont au rouge, la confiance dans notre système politique se fissure un peu plus chaque jour,  mais au regard des souffrances humaines constatées sur d’autres continents, nous avons bien des raisons d’espérer et de croire que nous sommes capables de relever les défis qui nous attendent.

La majorité régionale, malgré des contraintes budgétaires de plus en plus fortes, continue de mener des politiques les plus ambitieuses possibles sur tout notre territoire.

 

Et l’emploi reste en Basse-Normandie la priorité des priorités. Bâtir une société plus juste, c’est bâtir une société qui permet à chacun de pouvoir occuper un emploi dans le cadre d’un projet de vie.

Cela implique à la fois une action volontariste pour favoriser l'accès à un emploi durable, et à forte utilité sociale, des Bas-Normands (insertion, formation, orientation), ainsi qu'une ambition renouvelée pour développer l'activité économique (soutien à la création d'entreprise, aide aux filières prioritaires, innovation, recherche, appui aux investissements publics).

 

De manière générale, les Radicaux de Gauche sont convaincus que c’est sur le terrain de la formation que nous gagnerons aussi la bataille pour l’emploi dans notre région.

 

La formation, l’apprentissage, l’emploi doivent rester les axes prioritaires de la politique de la région pour permettre à tous de réussir. 

Notre seconde priorité : l'équité territoriale et la présence des services publics sur tout le territoire. Bâtir une société plus juste et plus humaine, c’est aussi s’appuyer sur des services publics efficaces, abordables, innovants et accessibles à tous et qui assurent la continuité républicaine sur le terrain. 

Si l'emploi, et l'équité territoriale, sont au cœur de nos priorités, nous n'oublions pas ce qui fonde l'action politique des Radicaux de Gauche : l'émancipation individuelle et l'épanouissement personnel dans une société cohésive et solidaire.

 

Alors que les résultats pour relancer la croissance et lutter contre le chômage restent encore insuffisants, nous pensons que  des réformes ambitieuses complémentaires devraient être engagées autour de trois grands axes : réforme fiscale, modernisation de notre économie et intégration européenne.

Pour une révolution fiscale pour les ménages et les entreprises

La grande réforme de notre système fiscal n’a pas eu lieu. L’imposition doit redevenir un outil efficace et accepté par tous pour renforcer notre économie et permettre un retour de la croissance et de l’emploi.

Moderniser notre économie au service des citoyens.

Quelques exemples :


-   en soutenant la croissance des PME en leur réservant une part de la commande publique et du crédit bancaire.


-     en faisant de l’économie sociale et solidaire et de son développement une priorité…

C’est par la relance du pouvoir d’achat, le soutien aux PME et à l’innovation et par la mise en avant des nombreux atouts de notre économie que nous pourront inverser la tendance actuelle.


Des réformes nationales sont indispensables mais la solution à la crise est avant tout européenne

Un exemple encore :

Et bien en construisant une politique commune de la zone euro par avec la mise en place d’un gouvernement économique européen.

Pour le Parti Radical de Gauche, ces efforts sont indispensables.

Les Français n'ont pas peur du changement, ils y aspirent, à condition que ce changement signifie désenclavement, accès à la santé, à l'éducation et à l'emploi.

 

Nous réaffirmons ici que les Régions, pour bien faire, doivent avoir les moyens juridiques et financiers à la hauteur de l’ambition qu’elles portent. Si la gestion des Fonds européens par les Régions leur apporte des marges de manœuvre supplémentaires, leur rôle est encore bien flou dans le futur projet de loi sensé instaurer une nouvelle étape en matière de décentralisation.

 

La négociation du nouveau CPER, qui se déroule dans un contexte économique tendu, serait plus efficace et le contrat assuré d’une plus grande pérennité si les compétences des collectivités territoriales et de l’Etat étaient clarifiées.


Les incertitudes sur la réforme territoriale, l’instabilité sur les compétences à venir pour les régions, départements, intercommunalités, et la baisse des dotations font que ces collectivités cessent leur dynamique d’investissements.

 

Vous l’avez compris, nous regrettons l’absence de lisibilité du projet du Gouvernement en matière de décentralisation. Je ne suis d’ailleurs même plus certaine que ce mot de décentralisation soit à l’ordre du jour.


Qui fera quoi et avec quels moyens une fois qu’on aura supprimé plusieurs centaines de collectivités locales, régions, départements ou communautés de communes ?


On en a une vague idée : les transports à la Région, les collèges à la Région, les routes et les infrastructures à la Région… mais il reste beaucoup d’inconnues, à commencer par la fin de la clause de compétence générale pour les Régions.


Le seul moyen de sortir de cette situation, c’est que le chef de l’Etat nous propose  une vraie vision pour la décentralisation.


Le problème est une question de ressources avant d’être une question de dépenses. Si le déficit continue de progresser, c’est avant tout parce que nous n’avons pas assez de rentrées. Et si nous n’avons pas assez de rentrées, c’est parce qu’il n’y a pas assez d’emplois. Et si il n’y a pas assez d’emplois, c’est parce que les carnets de commandes des entreprises sont vides et qu’elles ne peuvent pas embaucher. Et si les carnets de commandes des entreprises sont vides, c’est parce que la demande est insuffisante, sachant que plus de 80% des entreprises n’ont de demande que française.


Il faut donc faire une politique de la demande plus forte, afin de faire baisser les charges des entreprises en leur permettant d’avoir des carnets de commandes mieux remplis. Le gonflement artificiel de leurs ressources ne permet pas de créer de l’emploi, voire même d’investir. Il permet seulement de les stabiliser dans un contexte de pouvoir d’achat descendant. Les quelques tentatives d’amélioration du pouvoir d’achat sont déjà grevées par les augmentations de toute sorte qui sévissent dans tous les domaines.


En plus, il manque un élément déterminant pour que ça marche, c’est la confiance, et  là, nous sommes au ras du sol. Ce n’est ni de la confiance du MEDEF ni de celle de la city dont nous avons besoin, c’est de celle des milliers de PME et TPE qui restent le moteur de la France, mais aussi du peuple qui est exaspéré.

Et entre nous,  c’est vrai qu’il y a de quoi,  quand on entend l’annonce de certaines mesures particulièrement inéquitables ?

- D’abord,  la dernière série de mesures concernant la politique familiale.

 

La réduction annoncée des prestations familiales est très inéquitable si on la compare à certaines mesures dispendieuses prises dans d’autres cas. Ainsi, avec le CICE (Crédit d’impôt compétitivité emploi), la Fédération des banques françaises a bénéficié de 300 millions d’euros en 2013, alors que la réduction de la prime à la naissance représentera une économie de 250 millions d’euros en 2015 au détriment des familles.

Le rôle d’un gouvernement de gauche n’est pourtant pas de cocooner les grandes sociétés et de pénaliser les catégories familiales modestes et moyennes.

 

Oui, le contexte économique et social très difficile.

Oui, tenir le cap d’un budget équilibré et d’investissements soutenus constitue une vraie performance. Mais on est capable de répondre aux enjeux majeurs pour la BN.

Oui, il faut continuer à investir en faveur des TER et des besoins croissants exprimés par les usagers, en faveur des lycées, de la jeunesse, de la solidarité territoriale, du développement numérique et le très haut débit.

Nos actions sont là pour favoriser nos entreprises régionales dans un contexte national et mondial qui ne les épargnent pas ; nos actions sont là pour les aider à se battre, avec leurs salariés, dans ce contexte difficile.  

L’avenir qui doit être construit concrètement ici et maintenant, mesure par mesure, en cohérence et avec constance !

Certes, la part de notre investissement dans le PIB régional n’est pas neutre. Mais c’est bien dans la capacité de nos entreprises à trouver elles-mêmes des débouchés en France et à l’international, à engager de vraies politiques d’innovations et de recherche, à s’inscrire dans les nouveaux marchés, que se joue le niveau de l’emploi en Basse-Normandie.

Pour toutes les collectivités, ces « forces vives » qui représentent plus de 70 % de l’investissement public, c’est la double peine. Elles ne disposent plus d’autonomie financière, et doivent toujours davantage suppléer aux carences de l’Etat pour que ne s’aggravent pas davantage les difficultés que rencontrent aujourd’hui les habitants.

Nous travaillons à un avenir meilleur pour notre région, ses entreprises pour qu’elles se développent, ses salariés pour qu’ils aient du travail et un meilleur pouvoir d’achat, pour ses enfants afin qu’ils puissent réussir leur vie professionnelle et personnelle !

Investir, c’est croire en l’avenir. Investir, c’est se donner des outils pour ne pas subir, mais au contraire, améliorer, construire cet avenir. C’est aussi insuffler de la confiance aux acteurs économiques régionaux. La gauche doit continuer de croire  au progrès. On ne subit pas l’avenir, on le fait.


                                                                                           Muriel Jozeau-Marigné