"Dans la vie, il n'y a pas de solutions ; il y a des forces en marche : il faut les créer et les solutions suivent."

 

Antoine de Saint-Exupéry.

 

  

"Pour ce qui est de l'avenir, il ne s'agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible."

 

Antoine de Saint-Exupéry.

 

 

Intervention lors de l'Assemblée plénière du 14/02/2013

Monsieur le Président,
Mes cher(e)s Collègues,
Mesdames, Messieurs,

 

Nous sommes dans une situation difficile, où le poids d’un héritage anti-social est des plus pesants, alors que l’attente des Français est forte et justifiée.  L’urgence est bien réelle et l’impatience compréhensible. Cependant, une grande partie des engagements de François Hollande est sur les rails, de grandes réformes, dans de nombreux domaines, sont engagées. Nous devons continuer à être solidaires du gouvernement qui, chacun doit le comprendre, a besoin de temps pour obtenir de réels résultats.

La crise que nous traversons n’est pas uniquement financière et économique. Elle est, à bien des égards, une crise de société, qui interroge en profondeur notre modèle de développement et d’organisation sociale.

Sur l’emploi, l’éducation, sur la santé, sur la jeunesse, sur la lutte contre la pauvreté et l’exclusion, la justice, sur le mariage pour tous, des lois, des chantiers sont en cours et le changement est en marche. Mais tous ceux qui veulent sa réussite doivent se faire militants et dire qu’il ne suffit pas d’un claquement de doigt pour que cela se fasse !

Car dans une société en crise, il est vrai qu’il est facile de jouer sur les angoisses.

La peur du lendemain, de la crise économique, du désastre écologique, la peur de l’étranger, la peur de ce qui change, la peur de l’autre,…. la peur tout court.

C’est pourquoi l’un des défis que nous avons à relever ensemble, c’est redonner confiance à nos concitoyens.

L’État et les collectivités territoriales portent ensemble l’intérêt général national, selon leurs moyens et leurs compétences. Oui, c’est bien l’État qui fixe la règle de droit et assume en propre, certaines compétences bien déterminées comme ses compétences régaliennes (justice, sécurité…), mais aussi les grandes politiques d’intérêt national telles que l’éducation.

De même, l’État est le garant de la cohésion sociale et territoriale du pays.

Pourtant, alors que l’on vient de fêter le 30ème anniversaire des lois Deferre et de la création du Conseil Régional, nous pouvons chaque jour mesurer l’implication des Régions sur le terrain.

 

Depuis plus de trente ans, les territoires se sont développés sous l’action des Régions, en partenariat avec l’Etat et les autres collectivités territoriales. Des projets essentiels ont vu le jour. Des politiques locales ont été mises en œuvre pour l’intérêt de tous.


Que seraient devenus les réseaux de transports sans l’aide des institutions régionales ?  Que seraient devenus certains lycées sans leur engagement ? Quid du développement économique des territoires ou de la formation professionnelle ?

A la lecture de l’avant projet sur l’acte trois de la décentralisation, on voit très nettement la place primordiale et tout l’intérêt porté aux Régions.

Le débat parlementaire nous apportera les réponses aux questions encore posées. Mais il apparait déjà que le leadership ira aux régions.

Ainsi, les Conseils Régionaux continueront à agir au plus près des territoires. Ils pourront également coordonner des projets d’intérêt régional, d’intérêt national et bien sûr, d’intérêt européen. La République se doit de rester proche de chacun de nous et les collectivités territoriales y contribuent quotidiennement. C’est cela la nouvelle étape que nous appelons de nos vœux : la proximité pour une action encore plus efficace pour les Bas-Normands.

Je disais tout à l’heure qu’il faut redonner confiance à nos concitoyens.

Les Radicaux de gauche saluent la mobilisation du gouvernement et l’engagement du Président de la République de tout mettre en œuvre pour faire baisser le chômage avant la fin de l’année 2013. Ce ne sera certes pas facile.

Mais la majorité s’est donnée, avec le Pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi, les moyens d’atteindre cet objectif.

Il faut aussi faire le choix de la confiance face au chômage.

Désormais, il appartient aux entreprises de faire le pari de la confiance et du patriotisme économique ; par exemple, en s’emparant massivement du contrat de génération.

La vague de restructurations qui touche de plus en plus de secteurs, de territoires et donc de plus en plus de salariés est très préoccupante. Une politique concertée État et partenaires économiques, partenaires sociaux, croisant filières et territoires, ainsi qu’emplois et innovations, est primordiale. Une modernisation du droit d’alerte aussi, afin qu’il puisse être déclenché plus vite et plus efficacement ; la cession de filiales ou d’activités devant être prévue par la loi et facilitée notamment dans les cas de reprises possibles par les salariés. Des mesures législatives urgentes sont indispensables. J’en appelle à nos parlementaires ici présents.

La France doit reconstruire une politique industrielle ambitieuse et adaptée aux contraintes d’une économie mondialisée. Il faut restaurer une véritable culture industrielle. Le risque est bien réel, de voir perdre le combat entre des hommes et des femmes, sincèrement désireux d’entreprendre, et les gestionnaires uniquement animés par une logique comptable !

Et c’est aussi en amont, par l’éducation, qu’il faut agir. Aujourd’hui, seulement 22 % des élèves optent pour une filière scientifique. Or les sciences sont à la base de l’intérêt pour la mécanique, la construction ou les professions qui impliquent une bonne connaissance des matériaux.

Si on regarde ailleurs, en Allemagne par exemple, nombre de jeunes passent leurs dernières années d’études en travaillant à mi-temps dans des entreprises, ce qui leur permet, ensuite, de porter des projets sérieux et de s’épanouir dans des métiers dont ils ne soupçonnaient même pas l’existence.

On le voit, on le sait, les enjeux sont énormes, en termes d’éducation, de formations, comme en termes d’emploi, de santé, d’aménagement du territoire, de transports ou de tourisme.

La Région a toujours considéré qu’elle devait compter d’abord sur ses « propres forces", porter ses diagnostics et proposer ses solutions afin de fédérer les initiatives, les projets. Mais sans ressources nouvelles, il semble bien qu’elle n’aura pas les moyens de ses ambitions, de nos ambitions. D’autant que l’Etat va nous demander de faire encore plus d’efforts. Il nous faudra faire des choix.

Demain, plus que jamais, nous ne saurions déroger à ces principes qui nous ont toujours permis de faire progresser la Basse-Normandie par la cohérence et la force du pacte politique que nous développons.

Et n’étant pas pessimiste par nature, je constate et je pourrais citer plusieurs exemples de réussites :

La région Basse-Normandie, côté mer, côté terre, c’est quoi aujourd’hui ?

-         C’est la 1ere région agricole française (elle est leader sur de nombreux produits : beurres, fromages frais, fromages à pâte molle, pommes à cidre, poireaux)

-         C’est la 1ère région française d’élevage de chevaux

-         C’est la 3ème région halieutique française

-         La 1ère en matière de conchyliculture.

-         La 4ème région automobile française

-         la Basse-Normandie est une destination touristique prisée

-         Comment ne pas citer les EMR, enjeu majeur avec une stratégie régionale forte et une véritable ambition en faveur de la mer et du littoral.

On a plein d’atouts en main.

A nous de relever les défis, et d’agir pour tous les Bas-Normands. Nous devons être à la hauteur de leurs espérances.

La réussite de ce combat, car c’en est un, n’en sera que plus belle.

Même si ce n’est pas facile, même si beaucoup de dossiers sont difficiles, je pense à l’industrie bas-normande, au Transmanche et encore quelques autres que vous connaissez.

Masi comme le disait Jaurès, « Il ne faut avoir aucun regret pour le passé, aucun remords pour le présent, et une confiance inébranlable pour l'avenir. »

Je vous remercie.