"Dans la vie, il n'y a pas de solutions ; il y a des forces en marche : il faut les créer et les solutions suivent."

 

Antoine de Saint-Exupéry.

 

  

"Pour ce qui est de l'avenir, il ne s'agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible."

 

Antoine de Saint-Exupéry.

 

 

Intervention lors de l'Assemblée plénière du 05/04/2013

Monsieur le Président,

 

Mes chers collègues,

 

Tout le monde en convient, l'alternance politique ne pouvait pas changer d'un coup de baguette magique la situation de notre pays. Plusieurs années d'efforts sont, seront nécessaires. Les réformes de structure mettront du temps à produire leurs effets.

Nous sommes dans une volonté de remettre notre pays sur les rails. Il faut ramener la dette à 3 % du PIB et on peut compter sur Bernard Cazeneuve, pour y parvenir. La France doit redevenir un pays prospère, un pays compétitif.

Mais bien naturellement, les Français sont impatients. Quand vous avez des chômeurs dans votre famille, quand vous êtes en difficulté salariale, quand vous voyez que votre entreprise risque de licencier, vous êtes inquiet. On comprend très bien tout cela. Et il est difficile d’expliquer, parfois, que les mesures prises vont justement dans le sens du rétablissement du pays. Nous sommes convaincues que dans les deux années qui viennent, nous arriverons à retrouver le bon chemin, et que nous retrouverons la croissance, nous retrouverons de l’emploi, et nous retrouverons de la prospérité. Nous allons vers le mieux, en disant quand même que nous sommes aussi liés à la conjoncture européenne et à la conjoncture internationale. Notre salut se trouve aussi dans l’Europe.


Pour remédier à la situation délicate dans laquelle nous nous trouvons, le Gouvernement a déjà engagé un certain nombre d'actions, comme :

 

- des réformes pour plus de justice sociale, le retour de la retraite à

60 ans pour les salariés ayant commencé à travailler jeune, l'encadrement des loyers, l'encadrement des dépassements d'honoraires...

 

- des réformes concernant la croissance économique, le pacte de croissance européen, la loi bancaire, le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi, le financement des PME par la banque public d'investissement, les emplois d'avenir, les contrats de génération.

 

Voilà autant de mesures que nous avons, pour notre part, soutenues et accompagnées.

 

L'effort de redressement appelle la mobilisation de tous, dans le cadre d'un partenariat clair.

 

La collectivité régionale doit prendre toute sa part de l'effort de redressement dans le cadre d'un pacte de confiance retrouvée avec l’Etat qui s’inscrira plus largement dans le nouvel acte de décentralisation. Celui-ci doit redonner aux Régions leur capacité d’intervention pour participer pleinement à ce redressement avec notamment la gestion des fonds structurels européens, la clarification et la reconnaissance de blocs de compétences nous permettant d’être plus efficaces en matière d’aide aux PME, d’innovation, de formation, et d’orientation.

La situation particulière des Régions doit être prise en compte. Ce sont en effet les collectivités les plus dépendantes des dotations de l'Etat. Les Régions, chefs de file, et premiers acteurs du développement économique des territoires, doivent pouvoir disposer de recettes dynamiques à la mesure de leur engagement, pour la croissance, et l'emploi.

Une chose est sûre : la désindustrialisation est un fléau qu'il faut absolument combattre.

 

Ceux qui ont prêché un temps les mérites d'une économie postindustrielle fondée sur les services se sont en partie trompés. Il faut reconnaître qu'il y a urgence à promouvoir une nouvelle industrialisation, car l'industrie est essentielle à notre économie : elle est au cœur de l'innovation, qui, elle-même, est le moteur de la croissance. D'ailleurs, 85 % de l'effort de recherche des entreprises françaises est concentré dans le secteur industriel.

Au passage, j’en profite, Monsieur le Président, pour formuler ce qui est plus qu'un vœu, une conviction : mettons le paquet pour développer la recherche et l'innovation, faisons confiance à l'intelligence de notre Région.

 

Au cours de ces dernières années, les entreprises françaises ont considérablement réduit leurs marges pour maintenir leur compétitivité. Mais, cela a conduit, en réalité, à l'effet inverse, à savoir une détérioration de la compétitivité à moyen et long terme, du fait de la réduction des investissements.

 

L’accès à l’emploi est une priorité des Bas-Normands. Notre collectivité doit donc s’engager durablement pour l’emploi.

 

A travers notre politique de développement économique, nous n’agissons pas pour répondre à la seule urgence sociale, nous préparons les conditions d’une croissance durable. Nous accompagnons le poumon économique de notre Région, notre tissu de PME, PMI auquel nous devons garantir les meilleures chances de développement.

 

Trois leviers sont à notre disposition.

Le soutien à l’activité économique, au tissu entrepreneuriale, à l’artisanat, à la recherche et à l’innovation, constitue un premier levier à actionner pour favoriser la création d’emplois.

 

La formation professionnelle en est un deuxième.

En effet, la qualification de la main d’œuvre bas-normande est un gage d’attractivité pour notre territoire. Elle contribue à l’insertion professionnelle.

 

Un troisième levier se devait d’être mobilisé et en particulier en période de tension sociale affirmée. Il s’agit de celui lié à la mise en place de contrats aidés. Ils apportent une réponse pragmatique aux Bas-Normands les plus éloignés de l’emploi. Ils sont incontournables en période de crise pour soutenir la croissance et constituent une réponse volontariste des pouvoirs publics face à l’aggravation du taux de chômage.

 

Dans les faits, la Région doit donc poursuivre la gestion économe de l'argent public, et limiter le recours à l'emprunt nouveau afin de ne pas obérer les leviers d'action pour l'avenir, tout en maintenant un niveau important d'investissement.

 

L'enjeu concerne à la fois les ressources du budget et la capacité de la Région à prioriser ses dépenses. Nous sommes engager dans une dynamique priorisant les dépenses d'avenir, de solidarité et de cohésion sociale, le tout porté par les perspectives des réformes en préparation.

 

Ni « tout-État », ni « tout-marché » mais une synthèse entre l’individu et le collectif. Quant à la finance, elle ne doit être qu'un outil, jamais une finalité ! Les rentiers sont et resteront les fossoyeurs de l'économie et les ennemis du « vivre ensemble ».

 

Michel Rocard disait que l’Economie ne se change pas par décret. Il avait raison.

 

Pour les Radicaux de Gauche, l'économie doit être au service de l'Homme et les entreprises au service de l'Emploi.

 

Je vous remercie.