"Dans la vie, il n'y a pas de solutions ; il y a des forces en marche : il faut les créer et les solutions suivent."

 

Antoine de Saint-Exupéry.

 

  

"Pour ce qui est de l'avenir, il ne s'agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible."

 

Antoine de Saint-Exupéry.

 

 

Intervention lors de l'Assemblée plénière du 20/02/2014

Monsieur le Président,

 

Chers collègues,

 

2014 est une année pour le moins symbolique, à la croisée des chemins.

 

En effet, 2014 est l’année de la commémoration du centenaire du début de la Grande guerre, ainsi que des 70 ans de la Libération. Nous nous souvenons donc cette année des horreurs commises au nom d’une haine féroce. Ces souvenirs doivent nous interpeller sur notre présent. Churchill disait ainsi qu’un peuple qui ne se souvient pas de son passé est condamné à le revivre. À l’heure de la montée des populismes et du retour des conservatismes les plus sordides, cet adage raisonne comme une menace. Espérons que l’Europe retrouvera rapidement ses ambitions premières.

 

Aux côtés des départements, des communes, des associations, des écoles, des habitants, la Région et le CRT apportent leur contribution pour faire de ces commémorations, un événement mémoriel majeur dans notre histoire commune et ainsi rappeler ce qui fonde notre République : la liberté, l’égalité, la fraternité et la laïcité.

 

Je profite de cette occasion pour saluer le travail que réalisent les équipes du Comité Régional du Tourisme et du Conseil régional qui jour après jour contribuent avec l’aide des acteurs à bâtir une offre touristique de qualité assise sur des outils innovants. Nous devons continuer de faire du Tourisme un des moteurs de notre économie. Sans doute en parlerons-nous dans quelques instants avec Madame Sylvia Pinel.

 

Cette année 2014 est enfin importante parce que c’est l’année où l’issue de la crise est attendue, autant que le retour à l’emploi… Importante parce que les promesses doivent se transformer en actes.

 

Avec des plans sociaux qui se succèdent dans les entreprises, un taux de chômage qui a atteint fin 2013, 9,9 % de la population active au plan national, le pouvoir d’achat qui recule, le quotidien de nombreux de nos concitoyens est difficile.

 

La croissance pour 2013 est de 0,3 %. C’est encore une situation très fragile. Et c’est encore insuffisant pour créer des emplois.

 

De fait, l'industrie française a perdu 2 millions d'emplois en trente ans ; rien qu'au cours des dix dernières années, 750 000 emplois ont disparu. Le phénomène est d'autant plus grave que, depuis 2009, pour deux usines qui ferment, une seule est recréée. L'actualité de ces dernières années a été tristement marquée par des fermetures de sites industriels rentables pour des raisons stratégiques et financières, et la liste des plans sociaux s'allonge de jour en jour.

 

Les grands groupes industriels en cause obéissent à une logique d'optimisation de leurs profits : leur unique objectif est la maximisation de la richesse de leurs actionnaires, ce qui les conduit à privilégier les dividendes d'aujourd'hui aux emplois et aux investissements de demain. Sous la pression des marchés, certains dirigeants d'entreprise préfèrent payer le prix d'un plan social plutôt que de s'embarrasser d'un site qui ne dégage pas un assez bon retour sur investissement.

 

En vérité, le redressement industriel du pays devient une impérieuse nécessité : dans le dernier classement annuel des pays selon leur indice global de compétitivité, établi par le Forum économique mondial de Davos, la France recule de deux places et figure désormais à la vingt-troisième position, loin derrière la Suisse, l'Allemagne et les États-Unis.

 

Face à cette situation, la Gauche en responsabilité doit continuer à s’engager dans les territoires. En mobilisant le gouvernement, la majorité et la puissance publique sur le front de l’emploi, le Président de la République réaffirme sa volonté de redresser le pays le plus vite possible.

 

Par le Pacte de Compétitivité, François Hollande s’engage dans une politique de l’offre, en réponse au manque de compétitivité de certains de nos secteurs. Cet engagement en faveur des entreprises devra avoir des contreparties. Renflouer les taux de marge des entreprises, historiquement faibles, est une nécessité mais nous devons nous assurer que ces gains iront bien à l’investissement et non à la rémunération du capital. 

 

Ce sont 30 milliards  d’euros d’allègements de charges, financés par une réduction de la dépense publique de 50 milliards d’ici à 2017 qui sont proposés aux entreprises. Cet effort considérable ne doit cependant pas se faire en transférant le coût de ces allégements vers les ménages, dont le pouvoir d’achat recule depuis 2010, ni au détriment du bon fonctionnement du service public.

L’Etat est en droit de réclamer du patronat une mobilisation générale afin de relancer la machine productive française.

 

Ici comme ailleurs, les collectivités ont un rôle important à jouer aux côtés de l’Etat, en s’impliquant pleinement dans cette bataille que nous devons gagner.

C’est par la volonté politique et le soutien sans faille à nos artisans, commerçants, entrepreneurs de tous horizons que sera possible la relance de notre économie, le retour de la croissance et donc la baisse du chômage.

 

Faire reculer le chômage en BN est crucial tant notre région est touchée avec un taux de chômage qui avoisine les 9,8% de la population active (au 3ème trimestre 2013 – chiffres INSEE), et une demande sociale qui explose.

 

Le rôle de la Région est d’offrir à nos entreprises un écosystème qui favorise la création, l’innovation et l’engagement.  De les accompagner dans leurs démarches éco responsables, et socialement innovantes. Et de faire de l’économie sociale et solidaire, un laboratoire d’innovations sociales en capacité d’essaimer ses valeurs à toute l’économie bas-normande.

 

La formation professionnelle est plus que jamais, pour la Région, le premier levier de sa politique en faveur de l'emploi. L'acquisition de compétences, de certification, ou d'une première expérience professionnelle est en effet le premier chaînon d'un parcours d'insertion réussie. Pensons également à la VAE, Validation des Acquis de l'Expérience encore trop méconnue. Ce dispositif est un bon moyen valoriser des parcours de vie et de contribuer à la réussite en matière de retour à l'emploi.

 

Assurer non seulement l'égal accès des Bas-Normands à la formation, mais faire de celle-ci un véritable outil de justice sociale.

 

C'est bien dans la capacité de nos entreprises à trouver elles-mêmes des débouchés en France et à l'international, à engager de vraies politiques d'innovations et de recherche, à s'inscrire dans les nouveaux marchés, que se joue le niveau de l'emploi en Basse-Normandie. 

 

Bâtir une société plus juste, c’est aussi bâtir une société qui permet à chacun de pouvoir occuper un emploi dans le cadre d’un projet de vie. Oui, l’emploi reste en Basse-Normandie la priorité de nos priorités.

 

Notre objectif commun est clair : bâtir une société plus humaine et plus juste  en se rappelant toujours que la République, c’est d’abord la Solidarité.