"Dans la vie, il n'y a pas de solutions ; il y a des forces en marche : il faut les créer et les solutions suivent."

 

Antoine de Saint-Exupéry.

 

  

"Pour ce qui est de l'avenir, il ne s'agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible."

 

Antoine de Saint-Exupéry.

 

 

Intervention lors de l'Assemblée plénière du 19/12/2013

Monsieur le Président,

Chers collègues,

 

En cette dernière assemblée plénière de l’année, il me revient le privilège d’ouvrir le bal des Présidents de groupe.

 

L’actualité politique française a été riche et dense en cette année 2013. Dense en réalisations, dense en confrontations, dense en confusions. Rien ne fut facile. Je ne veux pas trop regarder dans le rétroviseur, mais quand je pense à 2013, des mots me viennent : fiscalité, TVA, Léonarda, économie sociale et solidaire, crise bretonne, non cumul des mandats, budget, courbe du chômage, emploi d’avenir, contrat de génération, made in France, mariage pour tous, fondation du redressement, rythmes scolaires, crédit d’impôt, charte de la laïcité.

 

Et puis, je ne peux oublier les insultes racistes infâmes proférées à l’encontre de Christiane Taubira, témoignage d’une République qui perd l’équilibre. Il faut défendre la République contre les extrémismes. La Gauche doit réaffirmer haut et fort les valeurs républicaines et mener un combat acharné contre toute forme de racisme et de démagogie.

 

Et la Gauche doit aussi mener une politique résolument anti-libérale (pour l'emploi et pour le pouvoir d'achat, pour la régulation de la finance, pour la défense de nos services publics) et offrir une alternative à l'Europe austéritaire de Merkel et Baroso. Ni les banques, ni la finance dans son ensemble n’ont été suffisamment régulées.

Il faut redresser la barre. Car ces difficultés ne sont pas, contrairement à ce que l’on peut entendre parfois, insurmontables. A condition de faire le bon diagnostic et de s'armer d'une bonne dose de courage politique.

Nelson Mandela avait cette citation : « Cela semble toujours impossible, jusqu'à ce qu'on le fasse. »

 

Reconnaissons que la tâche est ardue et le chemin étroit. De ce point de vue, il serait malhonnête d'accabler sans nuance un Président et un Gouvernement confronté à une situation aussi difficile, comme s’empressent de le faire, hélas, certains. Mais il serait tout aussi irresponsable d'entonner l'air du « tout va très bien Madame la Marquise ».

 

Nous avons besoin de redresser la barre avant la fin du quinquennat. Des gestes forts sur le pouvoir d'achat, la fiscalité, la démocratisation de nos institutions, la transition écologique, la réorientation de l'Europe.

Les champs comme les idées ne manquent pas pour remettre la France sur ses deux pieds.

 

Mais nous y croyons. Parce que la gauche, c'est aussi l'espoir et l'optimisme, je fais le pari que nous réussirons.

 

Et maintenant, zoomons sur notre région.

Un des points forts de cette Assemblée Plénière sera bien entendu la présentation du budget de notre région, qui poursuit les efforts déjà engagés : maitrise raisonnable des dépenses de fonctionnement et soutien de l’investissement pour poursuivre la réalisation des projets que nous portons. Mais nous en reparlerons au cours de cette journée.

 

Tout à l’heure, nous allons délibérer sur le Plan stratégique régional. Ce plan fixe les grandes orientations et les perspectives pour notre région à l’horizon 2025. Il était très attendu.

Je salue le travail de l’ensemble des services de la Région, sous la houlette de Jean-Karl Deschamps.

Réflexion prospective, concertation, anticipation, planification. Tel est le travail mené depuis plus de 2 ans pour construire une région durable, solidaire et attractive.

 

Car, il s’agit bien, en effet, de mettre en avant les nombreux atouts de notre région et de réussir la transformation de notre territoire. Avec le PSR, notre région va se doter d’une stratégie ambitieuse, s’appuyant sur les principaux leviers dont elle dispose : outils économiques bien entendu, outils universitaires et de l’enseignement supérieur, innovation, recherche, transition écologique, transport, mobilité, mais également coopération territoriale, partenariats à l’échelle de l’Europe et politique d’ouverture internationale.

 

Il nous faut poursuivre les partenariats au sein de notre territoire avec les collectivités territoriales, poursuivre les partenariats inter-régionaux, avec la Haute-Normandie, avec l’Ile de France, dans le cadre de la Vallée de Seine bien entendu, mais aussi avec la Bretagne, les Pays de Loire et la Région Centre.

Il nous faut également davantage nous ouvrir à l’international. Par la jeunesse, en encourageant la mobilité internationale, en stimulant l’esprit d’ouverture des jeunes bas-normands et en accompagnant ceux d’entre eux qui en sont les plus éloignés.

Il nous faut soutenir l’ouverture internationale de nos entreprises, comme de nos établissements d’enseignements supérieurs, de nos centres de recherche, faire de tous les bas-normands les ambassadeurs de notre région.

 

Parce qu’il s’appuie sur un diagnostic précis et pragmatique de notre territoire, et parce qu’il ouvre toute une série de programmes mobilisateurs, le plan stratégique régional nous donne des perspectives stimulantes et nous encourage sur la voie d’un développement durable, solidaire et attractif.

 

La gestion des fonds européens et les fonds supplémentaires apportés par le statut de région en transition vont nous permettre dès à présent de renforcer ces politiques de développement et d’aménagement du territoire.

 

Nous allons en tirer le meilleur parti possible et je ne manquerai pas de remercier Alain Tourret pour la perspicacité et l’énergie dont il a toujours fait preuve à ce sujet.

 

Et puis, au-delà du PSR, je voudrais rappeler que les Radicaux de Gauche souhaitent encore et toujours la Réunification des Deux Normandies.

Si la Normandie se réunifie, les normands disposeront d’un outil exceptionnel.

Nous pourrions impulser des démarches concrètes pour permettre aux deux conseils régionaux de progressivement se rapprocher, d’harmoniser certains de leurs outils et de synchroniser leurs méthodes.

 

La Région Basse-Normandie pourrait, par exemple, proposer à la Région Haute-Normandie de : mettre en commun certains de leurs schémas sectoriels, fusionner certaines de leurs structures administratives, adopter des habitudes de travail communes tant aux niveaux administratif que politique.

De tels objectifs devraient être ajustés d’ici à 2025 afin de tenir compte des projets du Grand Paris et de la Vallée de Seine.

 

Mais avant 2020, vivons déjà 2014. Année où la Basse-Normandie sera mise à l’honneur. Tout d’abord, le 70e Anniversaire du Débarquement et de la Bataille de Normandie.

Ensuite, les Jeux Équestres mondiaux, une récompense légitime pour une Région qui bénéficie de savoir-faire uniques et d’une véritable tradition équestre.

Et puis, la Basse-Normandie, ce ne sont pas que les chevaux, les pommes, le Mont-Saint-Michel ou les abbayes, c’est aussi le nautisme.

Monsieur le Président, je voudrais saluer la très belle opération de promotion de la Basse-Normandie la semaine dernière au Salon Nautique. La Basse-Normandie, terre de nautisme.

 

Notre façade maritime, la deuxième de France, est le premier atout de la région. Pour de nombreux touristes, c’est bien la mer qui est le plus souvent associée à l’image de notre territoire. Nier cette maritimité, c’est nier l’évidence de ce que représente un patrimoine maritime naturel et historique exceptionnel. C’est le raz Blanchard, l’un des passages maritimes le plus fréquenté au monde. Pour notre assemblée, la mer, c’est bien entendu l’avenir.

 

Port, énergies marines renouvelables, pêche et aquaculture, formations : autant de domaines dans lesquels la Région s’investit largement.

C’est aussi, ne l’oublions pas, la région du nautisme. Nous avons une filière nautique performante, qui porte haut les couleurs de la Basse-Normandie et qui compte une centaine d’entreprises.

La course au large constitue un formidable vecteur d’image pour toute une région. Nous connaissons tous la Normandy Channel Race, la Solo Basse-Normandie. En 2014, la Solitaire du Figaro a fait une place de choix à la Basse-Normandie. Cette course fait partie de ces compétitions majeures et elle va permettre, une nouvelle fois, de mettre en lumière la Basse-Normandie et l’excellence de sa filière nautique. Départ de Deauville et au terme des étapes, Arrivée à Cherbourg. Cet événement va renforcer notre image.

Suivons l’exemple du Conseil Régional de Bretagne qui a compris, bien avant nous, tout le bénéfice qu’il pouvait retirer de son investissement dans le nautisme.

2014 sera une belle année pour la Basse-Normandie.

 

Je ne voudrais pas finir sans rendre hommage à Nelson Mandela.

Il a incarné un idéal politique, imprégné d’un humanisme puisant, par une fidélité inflexible aux idéaux de justice et de fraternité.

Pour nous, radicaux de gauche, Nelson Mandela restera le témoignage de la valeur et de la force de l’engagement politique.

Son héritage est aujourd’hui universel : il est celui d’un attachement fondamental aux valeurs de paix, de liberté et de justice sociale.

Nelson Mandela refusait d’être un prophète pour n’être que l’humble serviteur du peuple.

 

Sachons méditer ce message, qui redonne ses lettres de noblesse à une action politique, ancrée dans le réel, pour donner mieux vie à nos rêves.

 

Je souhaite à tous les bas-normands, une très belle année 2014.

 

Merci de votre attention.

 

                                                                                  Muriel Jozeau-Marigné