"Dans la vie, il n'y a pas de solutions ; il y a des forces en marche : il faut les créer et les solutions suivent."

 

Antoine de Saint-Exupéry.

 

  

"Pour ce qui est de l'avenir, il ne s'agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible."

 

Antoine de Saint-Exupéry.

 

 

Intervention lors de l'Assemblée plénière du 14/11/2013

Monsieur le Président,

Mes cher(e)s Collègues,

Mesdames, Messieurs,

 

L’agence Standard and Poor’s a abaissé la note financière de la France de AA+ à AA du fait de la réduction des marges de manœuvre budgétaires, les recettes fiscales ne pouvant désormais plus être augmentées de façon significative par l’impôt, et de la persistance d’un taux de chômage élevé qui empêcherait l’adhésion de la population aux réformes de structure indispensables pour le pays.

Le Parti Radical de Gauche s’étonne de cette décision qui ne reflète pas les efforts considérables entrepris par le gouvernement afin de réduire le déficit et la dette de la France depuis 18 mois.

D’ailleurs, Paul Krugman, prix Nobel d'économie en 2008, est venu au secours de la France et a pointé "l'idéologie" de Standard and Poors. Les objectifs affichés de la majorité concernant la baisse des dépenses publiques et le retour à 3% de déficit en 2015 montre que celle-ci a pleinement conscience que la bonne gestion des finances publiques doit être une priorité, le sérieux budgétaire étant mis en avant dans chacune des politiques gouvernementales. A vrai dire, l'important est que le cap des réformes soit poursuivi. Mais il se doit d’être aussi concerté avec toutes les forces vives de la France.

Standard and Poors n'aimerait donc pas que les impôts des plus riches augmentent !

Rappelons que l’argent de nos impôts sert à toute la collectivité. Il finance les services publics, la sécurité sociale, les infrastructures, notre indispensable modèle social. Ce n’est pas une demande indue, cet argent est nécessaire pour aider chacun de nous et plus encore les plus démunis d’entre nous. La force des impôts, c’est aussi notre force et notre volonté d’une meilleure Fraternité, d’une vraie solidarité.

Standard and Poors voudrait que François Hollande soit plus favorable au libre marché. Cette dégradation est donc plus une sanction idéologique qu'économique.

C’est vrai, mes chers collègues, nous vivons des instants difficiles et le risque de l'emballement de la dette nous oblige plus que jamais à ériger en priorité absolue l'assainissement de nos comptes publics et le retour à l'équilibre. La réduction du déficit est primordiale. C'est désormais une question qui touche au fondement même de notre souveraineté.

La situation économique est difficile, les ménages et les entreprises souffrent, mais il existe malgré tout des raisons d’y croire. Le taux de croissance de la France, au troisième trimestre, est supérieur aux attentes et évite la récession à la France. Il est le signe de la volonté gouvernementale d’affronter et de surmonter la crise. En Basse-Normandie, notre responsabilité est aussi de mener une politique de justice sociale. C’est le mandat que nous avons reçu des citoyens.

Sans doute, nos marges de manœuvre sont-elles serrées, mais par nos politiques, notre gestion et notre ambition, nous démontrons qu’il existe des perspectives. L’heure est à la combativité, pas au renoncement, pas au pessimisme. C’est pourquoi, malgré les appels au régime sec, nous poursuivons notre effort d’investissement. Nous priorisons, nous faisons des choix.

Notre séance plénière, comme le veut l'usage, sera tout particulièrement consacrée à la discussion des orientations budgétaires 2014. Ce budget se prépare dans un environnement complexe, marqué par une conjoncture économique toujours très difficile mais, comme je le disais tout à l’heure, avec un horizon qui laisse poindre les prémices d’une reprise. La lutte contre le chômage, au travers une action déterminée pour assurer des débouchés à nos entreprises et accompagner la réindustrialisation de notre Région, est en effet le levier indispensable du redressement.

L'emploi, le développement économique et les politiques Jeunesse sont les grandes priorités budgétaires de l’exécutif régional pour 2014. Au-delà des budgets dédiés au développement du tissu d'entreprises bas-normandes, un effort singulier est engagé pour poursuivre la transition écologique et sociale dans notre région. Il s'agit ainsi non seulement d'accompagner l'effort d’innovation et de recherche pour dynamiser l'économie en Basse-Normandie, mais aussi de mobiliser les acteurs économiques au service du cadre de vie des Bas-Normands. Les efforts sur les secteurs de l'emploi, la formation professionnelle, des transports, comme sur celui du logement et de l'aménagement s'inscrivent concrètement dans l'action régionale de lutte contre les inégalités sociales et territoriales.

Ambitieuse, la Région confirme ainsi son volume d'engagements financiers, malgré un contexte contraint pesant sur ses recettes, en profitant de la gestion prudentielle de sa dette. Nous sommes nombreux sur les bancs des groupes politiques de cet hémicycle à faire de l’emploi notre principale priorité budgétaire pour 2014. L’emploi aidé, tout autant que l’investissement public, sont des politiques indispensables pour amortir la baisse de la demande et la détérioration du marché de l’emploi. Mais c’est bien dans la capacité de notre tissu de PME et de TPE, à être force d’innovation, à conquérir de nouveaux marchés, à créer de l’activité que se joue le dynamisme régional.

Pour cela, il importe que la Région, au-delà de son action de développement des entreprises à fort potentiel, puisse intervenir auprès de ceux que la crise affecte durement, alors que la solidité de leur entreprise n’est pas remise en cause. En agissant à toutes les étapes des difficultés entrepreneuriales, la Région doit intervenir sur les points forts de l’économie bas-normande.

Enfin je veux redire ici qu’une décentralisation, pleine et entière devra amener la Région, chef de file du développement économique, à engager une réflexion approfondie, avec la BPI, sur les modalités d’intervention publique sur les fonds propres des entreprises. Une intervention qui ne peut se réduire aux seules entreprises à fort potentiel. Il y a une prise de conscience de l'importance de mieux accompagner et susciter la création, l'innovation et l'investissement de nos entreprises, et ce, au service de la création d'emploi et de la croissance française. C'est sans doute dans cet accompagnement que les Régions ont un rôle primordial à jouer aux cotés de la BPI.

On sait par exemple qu’un certain nombre d’entreprises souffrent de carences dans l'aide à la gestion des RH, la communication et l'internationalisation. La BPI est ici un outil crucial et doit être la banque du futur et de l'innovation. Être en mouvement, être innovant, soutenir l’activité économique tout en étant un outil de solidarité. Les innovations marquantes, à commencer par les nouvelles technologies de l’information, ne sont souvent pas le résultat de grandes stratégies de groupes industriels. Elles sont souvent le fruit d’inventions judicieuses de techniciens ou d’utilisateurs audacieux, quelques fois même au fond d’un garage.

Aussi, nous devons tous placer l’innovation au cœur des politiques publiques que nous menons. Mais, pour ce faire, il nous faut accompagner l’entreprise, car celle-ci a besoin de réunir certaines conditions pour investir dans la recherche, dans le développement. Le cœur de la mission de notre institution est de créer les conditions structurelles d'un développement plus dynamique et harmonieux de notre territoire pour les prochaines décennies.

L’autonomie financière des collectivités territoriales est une composante juridique essentielle du principe constitutionnel de libre administration. Or pour 2014, il est prévu, au travers du pacte de confiance, une baisse très forte des ressources des collectivités territoriales qui tend à remettre en cause, dans les faits, l’autonomie financière de ces dernières.

En effet, le Projet de loi de finances pour 2014 prévoit une baisse de 3,1 milliards €. Cela fait beaucoup, cela fait trop, d’autant que cette évolution n’est pas nouvelle et qu’il est envisagé de poursuivre cette baisse des dotations à l’identique en 2015. La région est pourtant appelée à prendre de plus en plus d'importance dans la définition et la mise en œuvre des politiques publiques. À l'échelle européenne, elle est la seule collectivité atteignant une taille critique suffisante pour impulser des politiques d'aménagement et de développement économiques.

Maîtriser la dépense publique tout en voulant mener une politique de justice sociale n’est pas une tâche aisée. Le lien social est mis à rude épreuve, plus que jamais les dotations aux collectivités locales restent un enjeu majeur d’équité et de solidarité.

Pour conclure mon propos radical, nous sommes persuadés que l’innovation, le sens de l’égalité, la recherche d’un nouveau mode de développement sont des axes forts qui permettront à notre Région, mais aussi à la France, à l’Europe, de rebondir.

Il faut rester optimiste. Comme le disait le philosophe radical Alain : « Le pessimisme est d’humeur, l’optimisme est de volonté. »

 

Muriel Jozeau-Marigné

Présidente du Groupe PRG

Conseil régional de Basse-Normandie